Cela n'arrive pas souvent: des citoyens ont interpellé le Conseil provincial ce mardi. Une délégation de quatre représentants du comité de soutien à Hainaut Séniors a pris la parole.
La durée de l'interpellation, qui reste exceptionnelle dans un hémicycle provincial, ne pouvait durer que dix minutes au départ. Mais vu l’importance du dossier et l’émotion que la suppression des activités d’Hainaut Séniors a suscitée, la présidente du Conseil provincial Manon Mogenet (Les Engagés) a autorisé Philippe Dubois à aller au bout de son discours.
Pour Philippe Dubois et ses acolytes, il s’agit d’une petite victoire après des semaines de combat. Mais cette prise de parole les a laissés un peu sur leur faim.
Ce n'est jamais de gaieté de cœur qu'on prend ce genre de décisions
"On a été prévenu juste avant notre intervention qu’une seule personne pouvait prendre la parole, explique Philippe Dubois. Nous avions construit le texte en quatre parties, qui reprenait les différentes antennes du Hainaut, de sorte que cela donnait plusieurs versions différentes. Pourtant, dans les textes, il est seulement indiqué qu’une seule personne doit introduire l’interpellation. Pas que les autres ne peuvent pas intervenir."
Beau, coût, peine
A ses côtés, Jean-Paul Motte était venu avec une pancarte pour marquer les esprits. Lui aussi avait préparé son petit mot avec une conclusion qu’il aurait voulu faire réagir les Conseillers et Députés.
"Je voulais leur dire qu’ils s’en souviendront beaucoup. Beaucoup comme BCP. Le B pour dire que c’était beau, c’était une belle aventure. Le C représente le coup qu’on a pris sur la tête sans pour autant être un coût. Ils n’ont pas non plus réfléchi aux conséquences. Et le P pour le pourquoi ? Et pour le peine car nous sommes peinés."
David Lavaux, le député en charge de l’Action sociale comprend le sentiment d’injustice qui habite les séniors actuellement. Mais pour lui, la suppression du activités est incontournable.
"Évidemment, il n’est jamais de gaieté de cœur de devoir prendre ce genre de décisions, commence David Lavaux (Les Engagés), le député. Malheureusement, on doit, au niveau provincial et ce n’est que le début de la manœuvre, supprimer les unes après les autres les activités pour continuer l’aide aux communes pour les zones de secours. Pour 2030, le montant s’élève à 230 millions d’euros."
Selon les chiffres dévoilés dans l’hémicycle, les activités Hainaut séniors coûtent plus d’un million et demi d’euros. Cette somme sera donc réinjectée pour les zones de secours.
>>SUR LE SUJET: En novembre, ils se faisaient déjà entendre devant le bâtiment provincial <<
Des alternatives et des solutions à trouver
Au delà des chiffres et des animations mises en place pour les personnes âgées, les membres du comité de soutiens estiment que Hainaut Séniors, ce n’est pas seulement de simples activités.
"Cela a des bénéfices de sociabilité", avance Philippe Dubois.
Son compère, Jean-Paul Motte, abonde. "J’ai fait beaucoup de connaissances. Et pas seulement des personnes âgées ! Lors de certains séminaires, on se retrouvait avec des classes entières qui venaient car l’intervenant était intéressant."
La suppression de ces activités est attendue d’ici quelques semaines. Les manifestants et les 2000 personnes qui ont signé la pétition demandent eux d’attendre 2030, date de la mise en place des changements au niveau de la province. Cela leur donnerait du temps pour trouver ou mettre en place des alternatives, même si le député affirme que les communes peuvent déjà en mettre en place.
Les activités d'Hainaut Séniors ont un caractère de sociabilité
"Sauf peut-être pour les séminaires qui peuvent être particuliers, répond David Lavaux. Cependant, j’ai pu m’entretenir avec les échevins et on voit qu’au niveau communal, les solutions existent. A Charleroi par exemple, la Ville propose un catalogue très complet et comparable à ce qu’Hainaut Séniors offrait."
Une dernière affirmation qui n’a pas convaincu en tout cas le comité ce mardi.
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