Le président de la société des Boute-en-Train a été entendu ce mardi. À ses yeux, la présence d’un véhicule à l'arrière du groupe au moment du drame n’aurait fait qu’augmenter le nombre de victimes.
Pour la première journée de cette quatrième semaine de procès, le président de la société des Boute-en-Train, Freddy Masse, a été appelé à la barre. Il a témoigné avec Matthieu Culot, également présent dans l'organigramme de la société.
La présidente de la Cour d'assises, Martine Baes, a débuté en interrogeant Freddy sur le fonctionnement d'une telle société le jour du carnaval.
Vu le Covid, on n’a pas eu beaucoup de temps pour tout préparer, mais on part toujours sur des bases correctes. Partant de là, les ramassages se font. Dans Bracquegnies, ils sont éparpillés et se rejoignent dans le centre.
La présidente lui a demandé des explications sur la manière dont s’organise un Carnaval.
On donne les adresses aux tambours pour qu’ils aillent chercher les gilles. Au niveau de la commune, on a une personne qui gère le carnaval. On a eu des réunions.
Elle l'a également interrogé sur la manière de communiquer les éventuelles directives et mesures de sécurité.
À ce moment-là, on parlait avec des amis qui venaient avec un gilet jaune et une lampe de poche. On avait toujours fait les ramassages de cette façon.
" On aurait eu plus de morts "
Sur les mesures de sécurité, la présidente lui a demandé de parler de l’article 5, lequel impose la présence d'une voiture suiveuse ou un signaleur derrière le groupe de gilles.
Depuis, on voit un changement d’attitude. Maintenant, on nous oblige à avoir une voiture derrière. Mais, dans ce cas précis, on aurait eu plus de morts car il aurait fait rentrer la voiture dans les gens. Pour moi, cela n’aurait rien changé.
Freddy n’était pas sur les lieux au moment de l’impact car il attendait son ramassage chez lui. Dans son audition, il avait indiqué ceci :
On nous attribue une quelconque responsabilité, mais le seul responsable est celui qui conduisait à cette vitesse.
Matthieu Culot ajoute que la place d'un signaleur aurait été derrière la grosse caisse.
Cela se fait parfois. Sinon, on a bien un sympathisant qui met un gilet fluo, mais c’est au bon vouloir.
" Un adolescent arrogant, sûr de lui "
Matthieu a été à l’école avec Paolo Falzone, en mécanique.
C’était un adolescent arrogant, très sûr de lui. Ses parents étaient aisés, il regardait les autres de haut. Il était assez prétentieux.
Suite à une question de Me Mayence, Matthieu précise que les forains s'installent déjà en amont des festivités.
Le carnaval ne commence pas vraiment le dimanche. Des remorques s’installent déjà un peu avant. Tout s’installe une semaine avant. C’était déjà le cas avant. C’est chaque année la même chose depuis toujours.
Me Mayence demande alors à la présidente de poser une question à Paolo Falzone pour savoir s'il avait vu cette installation.
« Je n’ai rien vu, ni les camions, ni les forains », a-t-il répondu.
" En 2022, il n’y a pas de mesures particulières prises pour signaler le groupe "
Me Discepoli, l’avocat de Paolo Falzone, aborde le périmètre de sécurité. Pour ce faire, il lit un passage du courrier du 8 mars 2022 de la ville de La Louvière.
Rappelons que les déplacements hors périmètre de sécurité indiquent que les groupes doivent se tenir sur une demi-chaussée avec des signaleurs, un gilet et des lampes clignotantes, à l'avant et à l'arrière.
Me Discepoli appuie sur le fait que ces règles ont été rappelées de manière orale et verbale et qu’elles disent qu’il faut être à droite dans le sens de la progression, avec des signaleurs.
Il reprend l’audition de Freddy et demande ce qu'il a fait de ces règles. La présidente relit alors son audition.
Cela s’organise de manière spontanée, bon enfant. Je ne peux pas être précis sur les règles de sécurité.
Martine Baes enchaîne et demande si ça a été mis en place ou non cette année-là.
Freddy : « Pas vraiment, mais les conditions étaient vraiment bonnes. Donc, il est possible de ne pas avoir des signaleurs. Les conducteurs sont toujours polis et ralentissent. En 2022, il n’y a pas de mesures particulières prises pour signaler le groupe. Mais elles ont été mises en place après. »
" On aurait triplé le nombre de victimes "
Me d’Agristina, avocate de parties civiles, interpelle le prévenu sur le fait qu’il va régulièrement chez le coiffeur, à Bois-du-Luc. Il affirme s’y rendre le week-end, le samedi. Il s'y était d'ailleurs rendu la veille du drame.
Elle lui demande de préciser le chemin qu’il empruntait.
Je variais parfois.
Grégory, frère de Frédéric D'Andrea, le gille décédé, lui demande de préciser le chemin qu'il avait pris cette fois-là.
Je ne sais pas, c’était il y a quatre ans.
Après une autre question de Grégory, l’accusé reconnait qu’il aurait pu passer par le feu rouge près du centre de Bracquegnies.
« Où étaient déjà installées les barrières de sécurité », ajoute en commentaire Me D’Agristina.
Grégory termine avec ce commentaire en rappelant l’endroit où les victimes décédées et les grands blessés se trouvaient.
Sur la demi-chaussée, à droite. Donc si tout le monde s’était trouvé là, on aurait triplé le nombre de victimes.
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