En football, l’équipe féminine de la RUS Binche vient d’apprendre de manière un peu brutale qu’elle n’existerait plus la saison prochaine. Le club invoque des problèmes d’infrastructures mais les filles parlent d’un manque de soutien récurrent.
La RUS Binche supprime son équipe féminine : incompréhension et colère chez les joueuses
C’est une décision qui passe mal. Les joueuses de la RUS Binche ont appris, presque par hasard, que leur équipe ne serait pas reconduite la saison prochaine. Une annonce brutale, communiquée tardivement, qui laisse aujourd’hui place à l’incompréhension et à la frustration.
Du côté de la direction, on reconnaît volontiers une communication défaillante. Le président du club, Jacques Bartolas, évoque toutefois une décision difficile mais nécessaire, liée notamment à des contraintes structurelles et sportives.
Jacques Bartolas, Président RUS Binche :
"Il fallait faire un choix et ce choix n'a pas été facile à faire. On fonctionne avec un comité et le comité est souverain. Et quand on voit ce qui s'est passé avec l'équipe féminine, ses difficultés, quand on voit que nous avons des désaffiliations, aucune nouvelle affiliation. Je leur avais bien dit de me tenir au courant s'il y avait une évolution positive. Personne n'est revenu vers moi. Quand je passe au vote, il y a une majorité. Il faut prendre la décision. Ce n'est pas la P4 qui partait, ce n'est pas la réserve qui partait, c'est pas la D2. C'était l'équipe féminine. Malheureusement, je le regrette personnellement."
Mais pour les principales concernées, la pilule ne passe pas. La capitaine Maëra Vanderose raconte une découverte tardive et indirecte de la situation.
Maëra Vanderose, Capitaine RUS Binche :
"On a reçu l’info par email. On avait déjà eu deux trois infos par d'autres coachs qui nous disaient : “Ah c'est bizarre, vous n'êtes pas encore inscrite au championnat pour la nouvelle saison ?” On n'a pas prêté attention et au final, notre coach a fait un email quand même pour voir ce qu'il en était. Et en fait, le samedi, il nous a transféré les mails que le directeur avait fait en disant qu'il ne continuait pas avec nous."
Même son de cloche du côté de l’entraîneur Liam Wojciechowski, qui regrette le manque de considération.
Liam Wojciechowski, Entraîneur RUS Binche :
"Très déçu en effet de la tournure de la chose, et j'attendais quand même plus de respect de la part du club, en terme de communication aussi et de soutien surtout."
Sportivement pourtant, les résultats étaient au rendez-vous. Après deux montées consécutives, l’équipe féminine s’était stabilisée en milieu de classement de la première provinciale. Des performances jugées insuffisantes par la direction, mais qui laissent un goût amer aux joueuses.
Car au-delà de la décision, c’est surtout un sentiment d’abandon qui domine.
Maëra Vanderose, Capitaine RUS Binche :
"En fait, au final, on n'est pas étonné du choix de la direction parce qu'on n'a jamais été vraiment soutenues. Nous, on était invitées à aller voir des matchs des garçons, on y allait nous, ils ne sont jamais venus. Pareil, ils ont eu beaucoup de sponsors. Nous, on devait trouver nos sponsors nous-mêmes. On a toujours fait tout ce qui nous a été demandé et au final, on l'a fait pour rien."
Un constat partagé par leur entraîneur, qui pointe également une inégalité persistante entre football masculin et féminin.
Liam Wojciechowski, Entraîneur RUS Binche :
"Malheureusement, cette différence entre femmes et hommes existe et je tiens aussi à l'appuyer. Et je trouve que pour que ça se termine comme ça, valait mieux dès le départ ne rien faire et ne rien proposer. Voilà, il y a beaucoup de dégoût en tous cas, et beaucoup d'incompréhension. Je m'en suis fait ma propre expérience et mon propre avis et je le soutiens jusqu'au bout. Peu importe où elles vont."
Dans un contexte où le football féminin est en plein développement, la disparition de l’équipe binchoise interpelle. Mais ce sont surtout les joueuses qui en paient le prix fort. Reclasser un groupe entier s’annonce compliqué, et certaines pourraient être contraintes de tourner la page ou de revoir leurs ambitions à la baisse.
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