Au travers d'une lettre ouverte, une soixantaine d'enseignants de l'Institut Sainte-Marie ont exprimé publiquement leur mécontentement à la majorité MR-Engagés suite au nouveau décret de réforme de l'enseignement qui a été annoncé.
Suite au nouveau décret de réforme de l'enseignement que le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles s'apprête à voter mercredi prochain, les enseignants de l'Institut Sainte-Marie de La Louvière ont décidé d'agir.
Pour exprimer leur mécontentement, ils interpellent publiquement la majorité MR-Engagés au travers d'une lettre ouverte adressée à la ministre de l’Enseignement Valérie Glatigny ainsi qu’aux députés de la majorité MR-Les Engagés.
Dans cette lettre, plusieurs éléments sont dénoncés dont l'affaiblissement du statut des enseignants et l'affaiblissement du statut des enseignants.
Ils contestent l’idée qu’une « majorité silencieuse » soutiendrait ces mesures, comme l’avait affirmé un député du MR en commission de l’Éducation.
Pour les enseignants signataires, cette formule constitue une tentative « d’invisibiliser les nombreuses mobilisations qui se multiplient depuis des mois dans les écoles ».
Les signataires expliquent que de nombreux enseignants n’ont pas participé aux grèves non par adhésion aux réformes, mais par épuisement, contraintes financières ou sens du devoir envers leurs élèves.
Voici la lettre ouverte :
« Madame la Ministre Valérie Glatigny,
Mesdames et Messieurs les députés de la majorité MR-Les Engagés,
Depuis des mois, vous parlez de nous. Vous tentez de réformer contre nous. Vous tentez de retourner l’opinion publique contre nous. Et désormais, vous prétendez parler en notre nom !
Le 11 mai dernier, en commission de l’Éducation, le député Guillaume Soupart affirmait qu’une « majorité silencieuse » d’enseignants soutiendrait les réformes que votre gouvernement s’apprête à imposer à l’enseignement belge francophone.
Une majorité silencieuse. Ces mots ne sont pas anodins. Ils servent à fabriquer un consentement. À invisibiliser toutes les mobilisations qui se multiplient sur le terrain depuis de nombreux mois et faire croire que le monde enseignant adhèrerait discrètement à votre vision de l’enseignement.
Alors aujourd’hui, nous voulons répondre. Oui, cette majorité silencieuse existe. Mais elle ne pense pas comme vous.
Elle est dans les classes à 8h du matin. Elle corrige ses copies le soir. Elle accompagne les élèves en difficulté. Elle remplit des tâches administratives toujours plus nombreuses. Elle tente de maintenir du sens dans un système que vous fragilisez chaque semaine un peu plus.
Aujourd’hui cette majorité vous dit non !
Non à une vision managériale et comptable de l’enseignement où les chiffres remplacent l’humain. Non à l’affaiblissement du statut et des protections des enseignants. Non à la précarisation croissante du métier. Non à l’idée qu’il faudrait “tenir” les enseignants plutôt que les soutenir. Et surtout non à des réformes menées à marche forcée sans réel dialogue avec le terrain et qui demandent toujours plus à une profession déjà à bout de souffle.
Au sein de notre établissement, nous sommes nombreux à ne pas avoir fait grève. Par conviction, personnelle. Par épuisement. Par contraintes financières. Par sens du devoir envers nos élèves.
Mais ne détournez pas ce silence pour le transformer en approbation !
« Rester en classe » ne signifie pas se taire. « Continuer à enseigner » n’a jamais voulu dire consentir. C’est pourquoi nous refusons que notre engagement professionnel soit utilisé comme caution politique.
Car ce qui se joue aujourd’hui dépasse largement un décret. C’est une certaine idée de l’école qui est en train de basculer. Vous affirmez agir pour l’excellence mais soyez certains qu’aucun projet éducatif durable ne s’est jamais construit contre ceux qui la font.
Et puisqu’il ne vous a pas semblé opportun d'objectiver l'avis de la majorité silencieuse sur les réformes avant d'en faire un argument de débat, entendez au travers de cette lettre ouverte notre réponse vive et cinglante : « Non, nous n’en voulons pas » !
Mesdames, messieurs les députés, il sera trop tard lorsque les conséquences de vos décisions deviendront visibles pour dire que les enseignants ne vous avaient pas prévenus. Nous nous souviendrons alors de qui était à la manœuvre.
La majorité silencieuse de l’Institut Sainte-Marie de La Louvière. »
Les 66 enseignants Louviérois cosignataires invitent leurs collègues d’autres établissements qui se reconnaissent dans ces mots à s’emparer de cette lettre ouverte, à la faire vivre dans leurs écoles, à la cosigner et à l’adresser à leur tour aux députés de la majorité avant le vote prévu ce mercredi.
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