Ce vendredi, les débats ont tourné en grande partie autour de la reprogrammation du véhicule de Paolo Falzone. L'un des témoins a déclaré qu'il y avait deux types de personnes demandent une telle reprogrammation : le bon père de famille et le " kéké ".
La dernière journée de cette troisième semaine du procès Falzone était consacrée à l'analyse de la BMW Série 5 de Paolo Falzone. Pour rappel, la puissance du moteur avait été augmentée à plusieurs reprises, passant d'abord de 255 à 292 CV, puis de 292 à 353 CV.
Le véhicule avait été acquis après d'un concessionnaire louviérois, par la mère de Paolo Falzone.
La voiture coûtait aux alentours de 70.000 euros (1.000 euros par mois à la location) et disposait de nombreuses options dont une assistance active pour piétons, qui ne fonctionne que jusqu'à 70 km/h grand maximum.
Pour rappel, lors du drame, les airbags ne se sont pas déclenchés.
" Faire une reprogrammation n'est pas illégal "
Laurent, un premier témoin, a expliqué avoir été en contact avec le prévenu. Ce dernier lui a demandé de reprogrammer sa BMW. Il a été interpellé par la présidente sur la légalité de ce genre d’opération.
Faire une reprogrammation n’est pas illégal. Par exemple, des assurances acceptent une augmentation de 20%. C’est une opération assez courante. Parfois, elle sert pour des résolutions électroniques. Des concessionnaires nous sollicitent sur des problèmes de calculateurs, des résolutions de problèmes, ... Mais ici, ce n’était pas le cas.
Dans ce cas-ci le véhicule a été augmenté de 40%. Le témoin se souvient avoir vu deux fois Paolo Falzone chez lui.
La première fois pour l’opération initiale et la deuxième fois pour souhaiter remettre l’opération qu’il avait demandée initialement. C’est gratuit cinq ans pour remettre la programmation d’origine.
Adrien, un autre témoin qui travaillait dans la même société que Laurent à l’époque, a précisé ne pas avoir eu un contact direct avec Paolo Falzone.
Me De Beco a interpellé le témoin sur l’intérêt d’une telle opération.
Vous avez déclaré qu’il y avait deux types de clients : soit les raisonnables, en bon père de famille et pour moins consommer, soit des « kékés », des non raisonnables, comme sur des circuits automobiles.
La présidente a demandé au témoin de donner sa définition du mot « kéké ».
Comment éviter de ne pas utiliser de stéréotypes. Pour moi, c’est une personne irresponsable.
" L'utilisation, c'était pour lui "
Frédéric, chef d’atelier à la concession BMW, a ensuite témoigné. Il a indiqué ne pas avoir eu de contacts directs avec Paolo Falzone. Il a apporté des précisions techniques sur l’entretien et ajoute :
Le véhicule était bien soigné. Lors de la lecture de l’entretien, on a eu un message disant qu’une modification avait eu lieu. On l’indique sur la fiche de travail. Lors de la récupération, on signale au client que le véhicule est modifié et les problèmes qu’il peut avoir avec la garantie en cas d'un problème au niveau du moteur. De manière générale, ils sont au courant. Mais nous, on ne sait pas quelles modifications précises ont été réalisées.
Michel, qui était conseiller commercial à l’époque et a livré le véhicule, a expliqué que l'entretien s'était bien passé.
On avait eu un bon contact. Il était assez neutre, mais assez atypique en fait car c’était une personne de moins de 30 ans et qui achète un véhicule assez cher au nom de ses parents même si j’avais compris que c’était pour lui. On n’a pas eu beaucoup de liens.
Il a ajouté que le contrat avait été signé avec la maman.
Mais l’utilisation, c’était pour lui. Quand j’ai énuméré les options, sa maman a demandé à son fils : as-tu besoin de tout ça ? Le pack d’options était-il nécessaire car cela augmentait le prix du renting ? Il a répondu sans émotion que oui. Elle a signé. J’avais trouvé ses parents agréables, sympathiques. J’ai discuté plus avec eux qu’avec Paolo Falzone.
" C'est évidemment moi qui roulais le plus avec le véhicule "
Maitre Mayence a pris la parole pour demander à Paolo Falzone s’il pouvait confirmer que le véhicule était bien pour lui et pas pour ses parents comme il l’avait répété jusqu’à présent.
Comme le témoin l’a dit, cela s’est bien passé comme ça. Je confirme que c’était évidemment moi qui roulais le plus avec le véhicule.
Tom, réceptionniste au sein de la concession BMW, s’est également exprimé.
C’est toujours lui qui amenait le véhicule pour les entretiens. C’était une voiture récente, achetée neuve, sous contrat d’entretien. Il est venu 2-3 fois pour des entretiens réels et des réparations.
Sur la personnalité de Paolo Falzone, il le décrit comme ceci :
Jamais un mot plus haut que l’autre, pas agressif, passionné de véhicule. Il n’était pas directif. Il soulignait mais n’exigeait rien. Un peu à l’image des gens de la région : casquette, training, cool, calme, posé, avec qui je n’ai pas eu de grandes discussions.
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