Les dirigeants de la RAAL La Louvière dressent un bilan sans filtre : stade, mercato, départs en interne, maintien, ambitions européennes et projet féminin, Salvatore Curaba et Toni Turi se confient.
Les dirigeants de la RAAL La Louvière nous ont accordé un long entretien dans lequel ils reviennent sur toute l’actualité chaude de leur club. Sans filtres, le président Salvatore Curaba et le directeur général Toni Turi ont évoqué tous les dossiers autour du club louviérois pour cette première saison dans l’élite.
Le stade
L’Easi Arena a été inaugurée fin juin. Un stade d’un peu plus de 8.000 places qui fait la fierté du président. « C’est un véritable succès », dit-il. « Il y a une grande ambiance car on est proche des joueurs et la partie réception est très agréable. Nous sommes le plus grand rassemblement de sociétés de la région. On reçoit beaucoup de félicitations. »
Toni Turi va dans le même sens. « J’ai eu beaucoup d’émotions lors des premiers matchs quand je voyais toutes ces personnes sur leur siège », sourit-il. « Les gens qui ont mis beaucoup d’espoir dans le club depuis des années sont récompensés. »
Après quelques réglages lors des premiers matchs, le stade est maintenant parfaitement opérationnel. « On ne s’en rend peut-être pas compte, mais ce sont des événements de 7.000 personnes toutes les 15 jours à organiser », indique Salvatore Curaba. « Il y a énormément de personnes qui travaillent les jours de match et nos collaborateurs ont un niveau d’exigence très élevé. »
Un tacle à Marc Delire
Le point qui fait le plus parler, c’est l’espace visiteur jugé petit par certains observateurs. Le journaliste Marc Delire en prend pour son grade. « Dire que c’est le plus mauvais stade de Belgique… il faut être débile », lance Salvatore Curaba. « C’est incroyable ! La loi est respectée et je voulais avant tout faire un stade pour les Louviérois. Concernant les filets, on a beaucoup réfléchi et on a décidé de les mettre par sécurité. »
Le stade a en tout cas modifié la manière de travailler du club. « Complètement », dit Toni Turi. « Ça a complètement changé la dynamique au quotidien. »
Mais est-il rentable, ce stade ? « Par rapport aux joueurs, ça ne coûte pas très cher, un stade », affirme le président. « Le coût par an n’est pas si élevé. La Ville nous a bien aidés avec le bail emphytéotique pour le terrain. »
L’extra-sportif
Il y a eu quelques bouleversements en interne ces derniers mois à la RAAL avec les départs du directeur sportif David Verwhilgen et du directeur du football Nicolas Frutos. La direction tempère ces départs. « Dire que le succès de la RAAL, c’était seulement David et Nico, c’était limitatif comme conclusion », affirme Toni Turi.
Salvatore Curaba estime même que cette situation, c’est un mal pour un bien. « Il y avait quand même un petit malaise dans le club depuis plusieurs mois », dit-il. « Malaise parce que moi, j’étais pas trop trop satisfait de notre mercato. Et donc je voulais revoir toute une série de choses dans le club pour éviter de faire des erreurs. J’aurais espéré finalement que Nico et David restent et qu’on construise ensemble, mais il y avait quand même une pression qui s’était installée. »
Le président conclut : « Dans tous les cas, quand il y a un malaise et puis qu’on est sollicité, c’est plus facile de prendre une décision. »
Salvatore Curaba refuse de parler d’instabilité en énumérant les personnes qui sont là depuis le début du projet, ou presque. « C’est vrai que certains sont sollicités parce qu’on travaille bien », rajoute Toni Turi.
Toni Turi prend la main sur le sportif
L’avenir de la structure sportive va s’orchestrer autour de Toni Turi qui va prendre encore plus de responsabilités à ce niveau. « Je vais avoir un rôle beaucoup plus actif dans la partie recrutement, négociation des contrats, etc. », confie-t-il. « Pas seulement au niveau financier mais à tous les niveaux. Le plus important maintenant, c’est de mettre en place une structure qui va tenir la route. »
« Et surtout de faire le moins d’erreurs possible au niveau du recrutement », rajoute Salvatore Curaba, intransigeant sur ce thème.
Pour terminer ce chapitre, quelle est la situation financière du club ? « Je gère en bon père de famille », assure le président, en confirmant avoir reçu les versements de DAZN, le diffuseur.
Le club ne cherche donc pas d’argent, même si Toni Turi indique que la direction a déjà été contactée par des investisseurs. « Quel intérêt ? », ajoute Salvatore Curaba.
La saison en cours
Actuellement en avant-dernière position de Pro League, la RAAL La Louvière se retrouve dans la lutte pour le maintien. Elle devra sans doute lutter jusqu’au bout car la direction le confirme, elle a les yeux tournés vers les Playdowns. Une situation pas vraiment surprenante en tant que promu et plus petit budget de la division mais qui laisse un goût de trop peu aux dirigeants. « On aurait pu faire mieux », lance Toni Turi. « Il nous manque quatre points. »
La position de Frédéric Taquin est-elle fragilisée ? « Par rapport au mercato qu’on a fait, ce qu’il réalise, c’est quand même très bien », répond le président Curaba. « Donc moi, je suis très content du travail de Frédéric. »
Le mercato
Le mercato, justement, c’est un sujet qui tient particulièrement à cœur à l’homme fort des Loups. Celui d’été ne peut pas être considéré comme réussi. « Je suis déçu », confirme Salvatore Curaba. « Il y a trop de joueurs recrutés qu’on a dû faire partir parce que les joueurs qu’on avait déjà étaient plus forts. On n’a pas fait un bon mercato. Pas grave, malheureusement, on doit travailler avec ça. Ce qui est important, c’est le futur, c’est d’essayer de faire mieux et je pense qu’on fera mieux dans le futur. »
« Il y a quelques joueurs pour qui ça a fonctionné, d’autres moins », rajoute Toni Turi.
La direction indique que les investissements vont augmenter lors des prochains marchés des transferts. « On est conscients que dans les années à venir, déjà à partir de la prochaine, on devra beaucoup plus s’investir dans les joueurs », confirme le président.
Alexis Beka Beka
Il y a un joueur qui est sur toutes les bouches ou presque : Alexis Beka Beka. Le Français est rapidement devenu le chouchou du public. Mais le milieu de terrain au parcours de vie compliqué ne joue presque jamais et est même absent des sélections depuis début janvier. Pour le club, c’était un coup de poker d’essayer de relancer l’ancien Niçois. Mais qu’est-ce qui ne va pas pour le moment ?
Toni Turi a décidé d’être cash. « Je pense qu’il y avait beaucoup de bonne volonté de la part d’Alexis dans les premiers mois », dit le directeur général. « On espérait qu’il soit opérationnel au mois d’octobre. Mais ça demande aussi beaucoup d’efforts de son côté. Je veux protéger le joueur mais il faut perdre du poids, perdre de la masse grasse… Dans notre jeu, il faut courir beaucoup et on ne peut pas se permettre de jouer à 10 et demi. On fait tout ce qu’il faut pour essayer de l’accompagner. Malheureusement, ces dernières semaines, les statistiques physiques et ce qu’on voit ne permettent pas de pouvoir le reprendre. »
Salvatore Curaba complète. « S’il y a un joueur qui peut apporter quelque chose à l’équipe, évidemment que le staff va le sélectionner… », lance le président.
« Les prochaines semaines vont être déterminantes », conclut Toni Turi.
L’Europe ?
En tout cas, Salvatore Curaba le confirme, la RAAL ne veut pas se contenter de jouer le maintien chaque année. Le projet est toujours bien en route et l’objectif est clair : jouer la Coupe d’Europe. « Dans les deux ans peut-être ? », sourit le président.
Le foot féminin
Les Louves sont aux portes de la Superleague. Elles devraient rejoindre l’élite au terme de cette saison. Le club a déjà annoncé que ça ne serait pas avec Mickael Ianitto comme T1 mais avec Audrey Demoustier. Le timing de l’annonce a surpris. « C’était une question de respect envers Mika », assure Salvatore Curaba. « Je n’allais pas faire semblant. Nous visons le top 5 en Superleague et nous avons pensé qu’Audrey avait plus de chances de nous y amener. Car Mickael n’a pas l’expérience de la Superleague. »
Le mot de la fin
Avant la fin de l’entretien, les deux hommes forts des Loups ont chacun adressé un message aux supporters. « Ils doivent nous faire confiance », demande Toni Turi. « On est Louviérois et nous ne cherchons que le bien du club. »
« Il ne faut pas oublier ce que nous avons réalisé », lance Salvatore Curaba. « De la D5 à la D1… On peut être fiers. Les femmes vont être en Superleague, on a construit un centre de formation, un stade… Et on a l’ambition de jouer un rôle dans le football belge dans le futur et pourquoi pas la Coupe d’Europe. »
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