Il y a quatre ans, Marino Di Chiello rêvait de percer dans le football. Aujourd'hui, à cause du drame de Strépy-Bracquegnies, il a dû remettre ses ambitions de côté. Ce lundi, le Louviérois est venu témoigner au Procès Falzone.
Ce lundi 18 mai, pour lancer la troisième semaine du Procès Falzone, Marino Di Chiello s’est présenté pour témoigner. Le Louviérois accompagnait des amis ce matin-là. La veille, il avait disputé un match à Tessenderlo avec le club de La Louvière Centre. Le club évoluait alors en N1, l’équivalent de la troisième division. Dans le bus de l’équipe qui le ramenait dans le Hainaut, il avait profité du trajet pour étudier.
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Un double objectif : le football et les études
Car, il y a quatre ans, Marino Di Chiello jouait en effet sur deux tableaux : sa carrière sportive et ses études d’éducation physique. Le milieu de terrain, âgé de 20 ans à l’époque, s’était fixé un objectif cette saison-là : terminer son cursus scolaire avant de se donner toutes les chances dans le football, une fois son diplôme en poche.
Il n’a jamais pu tenter sa chance à cause de cette nuit du 20 mars 2022.
Tant mon avenir footballistique que scolaire ont été chamboulés, compromis.
"Tant mon avenir footballistique que scolaire ont été bouleversés, chamboulés et compromis", a-t-il déclaré à la barre. "Mais je m’étais dit qu’il était interdit de baisser les bras. Grâce au corps enseignant, j’ai pu terminer mes études grâce à un horaire adapté et obtenir mon diplôme. Rien que le mémoire me demandait beaucoup d’énergie."
Le jeune Louviérois a en effet été projeté loin à cause de l'impact. Il ne se souvient d'ailleurs de rien. "Mes souvenirs se sont arrêtés au tournant de la rue des Canadiens". Ses amis ont éprouvé des difficultés à le retrouver. Amenés à témoigner aussi, ils ont notamment évoqué le moment où ils l'ont trouvé. "Quand je l'ai retrouvé, il était dans une mare de sang", a notamment décrit Noah.
Marino Di Chiello a en effet été victime d’une fracture du crâne, avec des douleurs qui se sont intensifiées. "Je suis resté aux soins intensifs avant d'aller deux semaines en neurologie. Je me plaignais beaucoup de nausées, de fatigue, de maux de tête… J’ai dû suivre de la kiné et des exercices cognitifs."
J'ai dû faire des exercices cognitifs.
Des séquelles toujours présentes
Aujourd’hui, il souffre encore de problèmes d’audition et d’une perte d’odorat. Surtout, s'il sait la chance qu'il a de pouvoir encore jouer au football, il n’a plus réussi à évoluer à un niveau aussi élevé qu’il y a quatre ans.
"Cette saison, au Symphorinois (P1), c’est la première saison complète que j’ai pu disputer", a-t-il ajouté à la barre, soutenu par une personne de l’aide aux victimes.
Quelques semaines avant ce terrible drame, le milieu de terrain avait marqué face aux Francs Borains de Georges-Louis Bouchez en N1. Quatre ans plus tard, il joue trois échelons plus bas. Il avait dans un premier temps repris à la RUS Binche, mais de graves blessures ont ensuite de nouveau freiné ses ambitions. "Je n’en ai pas rajouté à la barre, mais ces blessures sont, je pense, aussi des conséquences et des séquelles de ce drame, nous a confié Marino après son passage. Avant cela, je n’avais jamais eu le moindre problème physique ni de blessure."
Aujourd’hui, à 24 ans, Marino Di Chiello travaille notamment à la RAAL La Louvière tout en poursuivant sa carrière sur les terrains. Toujours entouré de ses parents, qui ne l’ont jamais lâché durant toute cette épreuve. "On sait qu’on a de la chance de l’avoir encore avec nous", souffle Franco, son papa.
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