Focus aujourd’hui sur le métier de dessinateur judiciaire pour la presse. Nous avons rencontré Jonathan De Cesare qui couvre actuellement le procès Falzone pour l’agence Belga.
Jonathan De Cesare, de la photographie au dessin judiciaire : un regard unique sur les procès
Ancien photographe de presse, Jonathan De Cesare a progressivement changé de voie pour devenir illustrateur judiciaire pour l’agence Belga. Un virage inattendu, mais qui s’est imposé naturellement au fil des années et des circonstances.
Jonathan De Cesare, illustrateur de presse :
« J'ai terminé ma carrière de photographe vers 2009-2010 pour un changement vers l'art. Complètement. Après, les années sont passées, puis il y a eu le Covid qui est arrivé. Et là, j'ai commencé à dessiner des infirmières parce qu'on était confiné. J'ai un peu proposé mes dessins partout. Le journal Le Figaro m'a répondu et j'ai travaillé une semaine avec eux. Le deuxième média qui m'a répondu, c'est l'agence Belga. Mais eux, ils étaient plus intéressés par les dessins d'audience et c'est comme ça qu’une collaboration s'est faite. »
Le métier de dessinateur de presse judiciaire, aussi appelé croqueur d’audience, est une discipline ancienne qui demande autant de talent artistique que de rigueur journalistique. Une double casquette que Jonathan De Cesare assume, non sans questionnement.
Jonathan De Cesare, illustrateur de presse :
« Le dessin d'audience est un peu spécial. Je ne sais pas me positionner. Est-ce que je suis artiste ou journaliste dans cette position ? C'est un peu difficile. C'est de l'art parce que ça reste du dessin, mais en même temps on est là pour retranscrire quelque chose. Donc je pense que la première fonction de l'art, à la base, c'était une forme de journalisme et je pense que c'est ce que je fais ici. »
Fort de son expérience dans la presse écrite, il parvient à capter l’essentiel de chaque audience, tout en s’adaptant aux spécificités de chaque procès.
Jonathan De Cesare, illustrateur de presse :
« Il y a toujours les grands éléments à représenter : la salle d'audience, l'accusé… Mais après, c'est en fonction de ce qui se passe. Un procès n'est pas l'autre. Parfois, on va me demander de dessiner un témoin ou des enquêteurs. Et je trouve que c'est une partie de la presse qui est magique, parce que c'est une des plus anciennes. C'est un métier très vieux et je l'adore. »
Mais derrière le trait artistique, la rigueur professionnelle reste essentielle. L’illustrateur doit retranscrire fidèlement les scènes, tout en gardant une certaine distance émotionnelle, même dans des affaires particulièrement marquantes.
Jonathan De Cesare, illustrateur de presse :
« Le procès des attentats, qui a duré quasiment un an, c'était vraiment hors norme. Ici, c’est déjà un gros procès, mais celui-là était démesuré. Même ici, la sécurité, le fait d’être confiné dans un lieu spécifique, ça crée une ambiance. Et c’est aussi ça qui est excitant dans ce métier. »
Malgré l’intensité de certaines audiences, Jonathan De Cesare explique parvenir à garder la tête froide pendant son travail.
Jonathan De Cesare, illustrateur de presse :
« Comme on est dans un rôle journalistique, il faut s'imprégner de ce qui se passe pour rendre un récit. Mais je pense que je n'ai pas l'émotion sur le moment. Parfois, elle vient après, sur le chemin du retour, mais pas pendant. »
Artiste-peintre avant tout, Jonathan De Cesare reste profondément attaché à cette facette de son métier, qu’il espère pouvoir continuer à exercer encore longtemps. Un métier discret mais essentiel, qui donne à voir la justice autrement, à travers le regard sensible et précis d’un dessinateur.
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