Ce mardi, une dizaine de témoins du drame de Strépy ont raconté ce qu'ils on vu le 20 mars 2022. Parmi eux, le compagnon de Laure Gara, décédée cette nuit-là, a livré un témoignage particulièrement bouleversant.
Entouré par deux personnes du service d'accueil aux victimes, Mario, le compagnon de Laure Gara a témoigné cet après-midi. Il avait rencontré Laure lorsqu'elle était déjà maman de Manon, âgée de 10 mois, qu'il avait repris à son nom. Ensuite, ensemble, ils ont eu Enzo.
Laure était une femme formidable. Elle s’occupait bien des enfants. C’était la patronne, le pilier de la maison. Malheureusement, une personne a bousillé la famille. Il a laissé deux enfants sans mère. Surtout, une petite-fille ne connaitra pas sa grand-mère.
Quelques jours avant le drame, Laure Gara a en effet appris que sa fille était enceinte.
« On devait se marier le 9 juillet, le jour de ses 50 ans. On était un couple fusionnel. Depuis, je ne dors plus dans la chambre où rien n’a changé. Sa brosse à dents est toujours à côté de la mienne dans la salle de bain. Pendant quatre mois, j’ai dormi dans le fauteuil. »
" Je l'ai tenue deux heures dans mes bras "
Le témoin a expliqué que le fait de ne pas avoir été marié l’a mis dans des difficultés financières.
« J’ai dû payer 80.000 euros à l’état en frais de succession. On devait se marier, on n’a pas pu le faire », a-t-il ajouté en se tournant vers les accusés.
Dans son audition, Mario est également revenu sur la suite des évènements, après l'impact.
« Un autre corps était sur celui de Laure. On l’a enlevé délicatement. Les secouristes m’ont ensuite dit qu’il était trop tard. Mais je ne voulais pas la lâcher. »
Il n’a en effet pas quitté facilement le corps de sa compagne.
« Je l’ai tenue deux heures dans mes bras. Je pensais qu’elle avait froid, je lui ai mis une couverture. Ensuite, la police m’a forcé à enlever la main. »
" J'ai été projeté sur le pare-brise et sur le toit de la voiture "
Sur le moment de l’impact, l’expertise de Mario a été mise en avant par la présidente de la Cour d’assise. Il était mécanicien.
J’ai entendu une accélération. Cela pétait fort au niveau du pot d’échappement. Je suis formel : je l’ai entendu juste avant d’être percuté. Il était dans une phase d’accélération.
Il continue en décrivant sa situation personnelle.
J’ai été projeté sur le pare-brise et sur le toit de la voiture. J’avais plein d’hématomes, ma colonne vertébrale a été touchée. Au loin, j’ai vu la voiture reprendre de la vitesse, je n’ai pas vu de feux stop. Il n’est pas possible vu les conditions météorologiques qu’il ne nous ait pas vus. Je ne l’ai pas vu sortir du groupe. J’ai entendu des "booms".
A la fin, il a terminé avec ce commentaire : "J’espère qu’il n’aura plus jamais de permis. "
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