Journée particulière pour Jérémy, le tamboureur du ramassage de la rue des Canadiens, grièvement blessé le 20 mars 2022. Luc, son papa, a témoigné devant la cour d’assises.
Depuis le drame, jamais, le père n’avait évoqué avec son fils la tragique remontée de la rue des Canadiens. Manière, peut-être, de le protéger. Et ce vendredi, pour la première fois donc, Luc a partagé devant la cour ses souvenirs, douloureux, du ramassage où il accompagnait son fils.
« On a entendu comme des pétards. On a vu comme des gens qui volaient. Plus loin, on a vu une voiture noire. A ce moment-là, je n’aurai jamais pu dire la marque vu la vitesse à laquelle elle roulait. On a vu des blessés, des corps partout » se souvient Luc.
Un témoin des faits qui s’en est sorti physiquement indemne mais, comme pour d’autres, est aujourd’hui encore psychologiquement meurtri par le drame. D’autant que l’un de ses amis, présent aussi le 20 mars, s’est suicidé un peu plus d’un an après les faits.
« Il m’a souvent dit après les faits que je lui avais sauvé la vie en lui disant d’aller sur le trottoir. Sa vie en a pris un coup. Il s’est mis à boire, il a divorcé, il a perdu son travail et il s’est suicidé » a témoigné, ému, le papa du jeune tamboureur.
Témoignage final d’une semaine marquée de l’empreinte indélébile qu’à laissé le 20 mars dans le corps et les esprits des dizaines de témoins qui se sont succédés devant la cour.
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