Demain, des milliers d’agriculteurs manifesteront à Bruxelles contre les mesures que l'Europe veut prendre. Nous avons rencontré un éleveur à Seneffe pour évoquer les difficultés engendrées par l'accord du MERCOSUR et la politique agricole commune.
Les agriculteurs européens vent debout contre les accords du MERCOSUR et le budget de la PAC
Ce mardi, agriculteurs et éleveurs européens se rassembleront à Bruxelles afin d’exprimer leurs inquiétudes face à la possible ratification des accords du MERCOSUR. Ces accords de libre-échange entre l’Union européenne et plusieurs pays d’Amérique du Sud suscitent une vive opposition dans le monde agricole, en particulier dans le secteur de l’élevage bovin.
Au cœur des préoccupations : une concurrence jugée déloyale. Les producteurs européens sont soumis à des normes strictes en matière de bien-être animal, d’environnement et de méthodes d’élevage, bien plus sévères que celles en vigueur dans les pays sud-américains. Pour Cédric Lefèvre, éleveur à Seneffe qui compte près de 400 bêtes, l’impact de ces accords pourrait être lourd.
« En Europe, nous faisons face à énormément de contraintes. Là-bas, les animaux sont souvent élevés dans de grands parcs sans accès à l’herbe, ce qui ne correspond en rien à notre modèle. »
Si l’importation de produits agricoles n’est pas rejetée en soi, l’absence de contrôle sur les conditions de production pose problème. De nombreux acteurs du secteur réclament l’instauration de « clauses miroirs », afin d’imposer aux produits importés les mêmes règles que celles appliquées aux producteurs européens.
À ces inquiétudes s’ajoute une autre source de mécontentement : la réduction annoncée du budget de la Politique agricole commune (PAC). Pour les agriculteurs, cette baisse de 25 % des aides constitue un coup dur supplémentaire.
« La PAC sert à compenser une perte de revenus. Raboter ces aides d’un quart, c’est fragiliser encore davantage nos exploitations. Comment donner envie à mon fils de reprendre le métier dans ces conditions ? »
Par leur mobilisation, les agriculteurs souhaitent également interpeller le grand public. Ils invitent les citoyens à réfléchir au modèle agricole qu’ils souhaitent soutenir : une agriculture locale, responsable et de qualité, ou une agriculture industrielle.
« Ne nous oubliez pas. Qu’est-ce que vous voulez demain dans votre assiette ? »
Alors que le nombre de jeunes prêts à se lancer dans l’agriculture ne cesse de diminuer, les décisions européennes actuelles risquent, selon le secteur, d’aggraver encore la crise des vocations.
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