À la veille du prononcé de la peine, Me Frank Discepoli a plaidé pour une sanction n'excédant pas 25 ans de prison pour Paolo Falzone, estimant qu'une peine plus lourde relèverait davantage de la vengeance que de la justice.
Pour la première fois de sa carrière, Me Frank Discepoli dit défendre un homme poursuivi pour un meurtre sans mobile identifiable. Contrairement aux dossiers de féminicides ou d'assassinats prémédités, explique-t-il aux jurés, l'affaire Paolo Falzone se distingue par l'absence de motif, malgré le nombre considérable de victimes touchées par le drame.
Dès le début de sa plaidoirie consacrée à la peine, l'avocat s'attache à dresser un portrait plus personnel de son client. « Vous ne le connaissez pas », lance-t-il aux jurés. Certes, plusieurs témoins sont venus évoquer certaines facettes de la vie de Paolo Falzone au cours des débats, mais selon lui, cela ne suffit pas à comprendre l'homme qu'il défend.
Me Discepoli revient également sur les propos du premier avocat général, qui avait estimé que le verdict à venir permettrait de tourner la page. Pour l'avocat, cette idée est illusoire. « Les victimes ne tourneront jamais la page », affirme-t-il. Les personnes décédées ne reviendront pas et aucune peine, aussi lourde soit-elle, ne pourra réparer cette perte.
L'avocat rappelle toutefois que son client a évolué depuis les faits. Paolo Falzone est devenu père et a fondé une famille, un projet qu'il nourrissait depuis longtemps. Selon la défense, même cette évolution personnelle lui a été reprochée au cours du procès.
Sans jamais minimiser la gravité des faits, qu'il qualifie d'« intolérables », Me Discepoli invite les jurés à réfléchir à la finalité de la peine. Selon lui, l'incarcération transformera inévitablement son client. La véritable question est donc de savoir si cette transformation sera positive ou négative.
« La société a-t-elle intérêt à envoyer un homme en prison pour une très longue durée ? », interroge-t-il. « En sortira-t-il meilleur ou pire qu'à son entrée ? » Pour l'avocat, ces questions doivent guider la réflexion du jury au moment de fixer la sanction.
Il insiste également sur le fait que les jurés ne doivent pas raisonner en fonction d'une éventuelle libération anticipée. Ils doivent, selon lui, partir du principe que la peine prononcée sera exécutée intégralement.
Pour illustrer son propos, il invite chacun à imaginer une condamnation de 27 ans de prison prononcée en 1999. Tout ce qui a été vécu, construit ou accompli depuis cette date aurait alors été impossible. Une manière de rappeler le poids concret d'une longue peine privative de liberté.
À ses yeux, une condamnation à 27 ans de prison, comme celle réclamée par le premier avocat général, serait « plus proche de la vengeance que de la justice ». Me Discepoli soutient que Paolo Falzone est conscient de la gravité de son acte mais qu'il ne représente pas un danger pour la société.
L'avocat demande dès lors aux jurés de ne pas dépasser une peine de 25 ans d'emprisonnement. Selon lui, cette sanction permettrait de trouver un équilibre entre la gravité des faits commis et la nécessité de préparer un retour à la société.
Évoquant enfin le fils de son client, Me Discepoli conclut sa plaidoirie sur une note plus intime. La peine qu'il sollicite, estime-t-il, laisserait à Paolo Falzone la possibilité, un jour, de demander pardon à son enfant lorsqu'il retrouvera la liberté.
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