Reconnu coupable de non-assistance à personne en danger, Antonino Falzone attend sa peine. Me Fabrice Guttadauria demande aux jurés de ne pas l’assimiler à Paolo Falzone et plaide pour une sanction alternative à la prison.
Reconnu coupable de non-assistance à personne en danger, Antonino Falzone attend désormais le prononcé de sa peine. Son avocat, Me Fabrice Guttadauria, qui plaidait initialement son acquittement, dit respecter la décision du jury mais demande aux jurés de ne pas confondre la responsabilité de son client avec celle de Paolo Falzone.
Dès le début de sa plaidoirie, l’avocat critique la position du premier avocat général, estimant que celui-ci a déshumanisé les accusés dans son intervention. Pour Me Guttadauria, réclamer deux ans de prison ferme, soit la peine maximale, pour Antonino Falzone est une réponse disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés.
L’avocat rappelle que son client est poursuivi pour un manque de réaction et non pour les actes commis par le conducteur du véhicule. Il demande aux jurés de ne pas faire d’amalgame entre les deux situations.
Revenant sur les propos du premier avocat général selon lesquels « Antonino ne s’est pas désolidarisé de Paolo », Me Guttadauria rappelle que son client a pourtant qualifié les faits d’« intolérables ». Il insiste sur une distinction essentielle : « Antonino Falzone n’est pas Paolo Falzone ».
Paolo Falzone a été reconnu coupable de sept meurtres et de 79 tentatives de meurtre. Antonino Falzone, lui, a été condamné pour non-assistance à personne en danger avec la circonstance aggravante de minorité. Pour son avocat, ces deux situations ne peuvent donc pas être comparées.
Selon Me Guttadauria, une condamnation ferme ne remplirait aucun objectif. S’appuyant sur les écrits d’un juriste, il rappelle aux jurés qu’ils doivent choisir la solution la plus adaptée et la moins contraignante possible pour l’accusé. La peine doit répondre à la faute commise et non être influencée par la gravité globale du drame.
L’avocat reconnaît néanmoins la faute de son client. « Il aurait dû rester auprès des victimes. Il aurait dû demander à Paolo de s’arrêter », concède-t-il. Antonino Falzone a lui-même reconnu ne pas avoir demandé au conducteur de stopper le véhicule. Selon la défense, il criait alors sous l’effet de la peur.
Me Guttadauria rappelle également que son client n’a jamais eu la maîtrise des événements. Passager du véhicule, il était, selon lui, un usager sans contrôle sur la situation. Les jurés ayant finalement écarté l’état de sidération avancé par la défense, l’avocat continue néanmoins d’expliquer la réaction de son client dans ce contexte.
Depuis les faits, il assure qu’Antonino Falzone vit avec ses regrets. « Il n’y a pas un jour depuis quatre ans où Antonino ne dit pas regretter la façon dont il a réagi », affirme-t-il. Face aux accusations d’inhumanité évoquées par le premier avocat général, il répond : « Je ne le pense pas, j’en suis même convaincu ».
Dans la seconde partie de sa plaidoirie, Me Guttadauria s’attarde sur la personnalité de son client. Il décrit un homme conscient de la gravité du drame depuis le premier jour, sans antécédent judiciaire et avec un parcours de vie qu’il qualifie d’exemplaire.
« C’est la première fois que je défends un homme avec un parcours de vie aussi irréprochable », affirme-t-il. Selon lui, Antonino Falzone souhaite désormais retrouver une vie normale, reprendre un travail et vivre auprès de sa compagne et de son fils. « On n’a jamais entendu parler d’Antonino avant les faits et on n’entendra plus jamais parler d’Antonino après le procès », lance son avocat aux jurés.
Pour la peine, Me Guttadauria demande une probation autonome plutôt qu’une peine de prison. Cette mesure permettrait d’imposer à son client, pendant une durée pouvant aller jusqu’à deux ans, plusieurs conditions sous le contrôle d’institutions spécialisées.
L’avocat estime même que cette mesure pourrait permettre au jury de fixer certaines obligations, comme un travail auprès de personnes accueillies dans un centre de revalidation. Une manière, selon lui, de répondre à la faute commise tout en évitant une incarcération qui ne serait pas adaptée à la situation d’Antonino Falzone.
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