La cour d’assises du Hainaut a poursuivi l’examen du dossier Falzone avec une nouvelle journée largement consacrée à l’analyse technique des faits et des éléments vidéo. Les enquêteurs ont livré un éclairage précis sur les circonstances du drame.
Une vitesse particulièrement élevée avant l’impact
Les données extraites du boîtier ACSM de la BMW, combinées aux analyses vidéo et téléphoniques, ont permis de reconstituer avec précision les secondes précédant la collision. Entre cinq et deux secondes et demie avant le choc, le véhicule passe de 158 à 173 km/h, avec une pédale d’accélérateur enfoncée à 100 % jusqu’à environ 2,5 secondes avant l’impact. Malgré un freinage, la vitesse reste encore estimée à 105 km/h au moment du choc.
Les différentes séquences vidéo projetées à l’audience confirment ces chiffres. Sur un trajet d’environ 1,5 kilomètre en agglomération, la vitesse moyenne atteint 93 km/h, avec des pointes jusqu’à 170 km/h. Une autre vidéo montre une moyenne de 104 km/h sur 1,3 kilomètre. Les enquêteurs soulignent également une conduite agressive, le conducteur utilisant notamment des appels de phares pour inciter les autres usagers à s’écarter.
Une conduite en mode sportif
Au moment des faits, le véhicule n’était plus en mode « confort » mais en mode « sport », ce qui modifie sensiblement son comportement. Les suspensions sont abaissées, la direction devient plus réactive et la boîte de vitesses maintient un régime moteur élevé, même en phase de décélération. Selon les enquêteurs, ce paramétrage accentue le caractère dynamique — et potentiellement dangereux — de la conduite.
Quelques minutes avant les faits, le conducteur s’était arrêté durant deux minutes à Maurage, où il avait notamment activé ce mode sportif et relancé sa musique.
L’analyse des vidéos : un élément central
La vidéo de 58 secondes filmée par le conducteur juste avant l’impact a été une nouvelle fois diffusée, suscitant une forte émotion dans la salle. Elle se termine au moment du choc.
Une version zoomée d’une autre séquence montre qu’après l’accident, Antonino Falzone déplace le corps de Salvatore Imperiale afin de dégager l’habitacle et aider Paolo Falzone à sortir du véhicule. Il fait signe à une ambulance, mais ne sollicite pas les riverains présents à proximité.
Par ailleurs, une aubade matinale audible au moment de l’arrestation des deux hommes indique qu’un autre groupe folklorique poursuivait les festivités, sans être informé du drame.
Un éclairage optimal mais des mesures de sécurité absentes
Les conditions de visibilité n’ont pas joué de rôle dans l’accident. Les enquêteurs décrivent un éclairage public « impeccable », renforcé par une nuit claire et un effet de pleine lune.
En revanche, aucun dispositif spécifique — signaleurs ou gilets fluorescents — n’était présent lors du ramassage des « Boute-en-Train », en contradiction avec les mesures imposées par la ville.
Si un périmètre de sécurité était bien établi dans le centre de Strépy-Bracquegnies, où le carnaval devait débuter le dimanche à 11 heures, d’autres zones de l’entité, comme la rue des Canadiens, ne bénéficiaient d’aucune signalisation particulière.
Une enquête approfondie et volumineuse
Les enquêteurs ont rappelé l’ampleur de la procédure, forte de près de 600 procès-verbaux. Leur présentation, structurée en six volets, couvre l’ensemble des aspects du dossier : du déroulement de la journée précédant les faits jusqu’aux enquêtes de personnalité des victimes et des accusés, en passant par les autopsies, les expertises techniques et l’analyse détaillée des vidéos.
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