Antonino Falzone a livré sa version des faits dans le cadre des poursuites pour non-assistance à personne en danger. Il a principalement évoqué sa sidération et son état de choc suite à la collision avec le ramassage.
« J’étais en état de choc »
Tout au long de son audition, Antonino Falzone a insisté sur son état de sidération après l’impact. Il affirme avoir été « paralysé », « abasourdi », et incapable de réagir de manière appropriée dans les premières secondes ayant suivi la collision.
Il reconnaît aujourd’hui qu’il aurait dû agir autrement :
« J’aurais dû mieux réagir, taper aux portes et rester près de madame Ricotta. »
L’accusé admet également ne pas être resté auprès de la victime, qu’il pensait inconsciente, et reconnaît : « J’aurais dû l’aider ».
Une absence d’initiative contestée
Selon la présidente de la cour, Antonino Falzone n’a pas alerté les secours ni attiré l’attention sur la présence d’une victime consciente dans le véhicule. L’accusé répond qu’il était désorienté et sous le choc.
Il explique également ne pas avoir pu appeler les services de secours en raison de son téléphone déchargé. Selon lui, il a brièvement tenté de faire signe à une ambulance qui passait à proximité, sans autre action concrète.
« Ça ne m’est pas venu à l’esprit d’interpeller les habitants ou d’arrêter les voitures. »
Des témoignages contradictoires
Plusieurs témoins affirment avoir vu Antonino Falzone sortir du véhicule en riant, une version qu’il conteste fermement :
« Je n’ai pas rigolé. C’est impossible. »
La présidente relève également une incohérence entre ses déclarations et des éléments techniques. Une vidéo enregistrée avant l’impact laisse entendre sa voix, alors qu’il affirmait initialement avoir été “réveillé” par le choc. De plus, son téléphone s’est éteint quelques minutes avant la collision.
Une soirée qui bascule
Comme Paolo Falzone, Antonino Falzone avait passé la soirée en discothèque à Quévy, après avoir consommé de l’alcool. Il décrit une fin de soirée marquée par la fatigue et la somnolence, indiquant qu’il souhaitait rentrer plus tôt.
Il explique avoir changé de place dans le véhicule au cours du trajet et affirme ne pas se souvenir précisément du moment de l’impact.
Une vie personnelle bouleversée
Depuis les faits, Antonino Falzone dit vivre difficilement avec la médiatisation de l’affaire. Père d’un jeune enfant, il affirme vouloir reconstruire sa vie malgré les conséquences judiciaires et sociales :
« Même si j’ai un bandeau noir, on me reconnaît. »
Il évoque également une période de précarité après la perte de son emploi et des difficultés à se réinsérer professionnellement.
Une relation ancienne avec l’autre accusé
Antonino Falzone connaît Paolo Falzone depuis une dizaine d’années. Les deux hommes, sans lien de parenté malgré leur nom commun, partageaient une relation d’amitié. Il décrit son co-accusé comme quelqu’un de « lourd avec les filles ».
Une responsabilité au cœur des débats
Poursuivi pour non-assistance à personne en danger, Antonino Falzone reconnaît aujourd’hui des manquements dans son comportement après le choc. Toutefois, il maintient avoir été totalement désorienté et incapable de mesurer immédiatement la gravité de la situation.
La cour devra désormais déterminer si son attitude relève d’un état de sidération ou d’une abstention fautive face à une situation d’urgence vitale.
La première journée du procès s’est terminée sur cet interrogatoire. Ce mardi, la cour entendra la juge d’instruction et les policiers qui ont participé à l’enquête. Des auditions d’enquêteurs qui se poursuivront mercredi.
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