"Au téléphone, on nous parle de carnage", les policiers témoignent devant la cour d’assises

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"Au téléphone, on nous parle de carnage", les policiers témoignent devant la cour d’assises

Les auditions de la juge d’instruction, des premiers intervenants et des enquêteurs ont débuté ce mardi. Des témoignages qui relatent l’horreur vécue à la rue des Canadiens et à la rue Aubry.

Une intervention rapide face à une scène de chaos

Le 20 mars 2022, peu après 5 heures du matin, les services de secours et de police sont alertés. Les premiers appels à a zone de police de La Louvière évoquent un « carnage », certains témoins allant jusqu’à parler d’un attentat. Sur place, les forces de l’ordre découvriront une scène d’une extrême violence : une cinquantaine de personnes sont dispersées dans la rue des Canadiens, six corps gisent au sol et de nombreux blessés nécessitent une prise en charge urgente.

« Au téléphone, on nous parle de carnage, d’une BMW noire qui a pris la fuite et même d’un attentat », relate un policier.

Par le plus grand des hasard, la première patrouille se rendant sur les lieux tombe sur la BMW dont Paolo Falzone et Antonino Falzone sont sortis. Le conducteur est au téléphone et son passager semble perdu, disent les policiers appelés à témoigner à la barre ce mardi.

Ces « premiers intervenants » s’étonnent du comportement du conducteur : il téléphone à sa mère pendant plusieurs minutes. Le passager ne pense pas à frapper aux portes du voisinage ou à arrêter des véhicules qui passent.

« Paolo Falzone est revenu à lui après avoir coupé l’appel. Lorsqu’il m’a vu mettre ma main à proximité de mon arme, il m’a demandé de l’abattre. Je n’oublierai jamais ce moment. » déclare un policer.

Ils seront menottés et mis à l’abris dans le combi de la police équipé de vitres teintées qui les rendent invisibles de l’extérieur. Une mesure qui a protégé les deux suspects d’un acte de vengeance. « On a évité une émeute », commente un policier.

A la rue des Canadiens, un périmètre de sécurité est rapidement mis en place, tandis que les secours s’organisent. Elle est divisée en trois zones, détaille la juge d’instruction descendue sur les lieux. La zone de collision, une zone intermédiaire et le haut de la rue où se trouve la dernière victime décédée. Un poste médical avancé est installé dans la maison de repos située dans la rue du drame. Devant le nombre de blessés, elle sera rapidement « déménagée » dans le hall sportif tout proche.

Des témoignages bouleversants

À la barre, plusieurs policiers décrivent avec émotion des scènes difficiles. L’un d’eux évoque un choc profond au sein de son unité, certains collègues ayant été « malades » face à l’horreur de la situation. Un autre raconte avoir dû enjamber « une rivière de sang d’un rouge vif ».

« En revenant sur mes pas juste après, je recroise M. D’Andrea. La flaque de sang avait quadruplé. J’ai dû malheureusement, enjamber une rivière de sang d’un rouge vif », déclare, ému, un policier.

Les premières constatations font état de blessures extrêmement graves. Une victime est retrouvée mutilée, une autre projetée sur le capot du véhicule impliqué. Les pompiers devront même déplacer certains corps pour pouvoir intervenir efficacement.

Le rôle central de la juge d’instruction

La juge d’instruction rappelle sa mission : comprendre les faits, analyser l’environnement et orienter les premières investigations. Elle coordonne le travail des enquêteurs, rencontre les équipes sur le terrain et mandate un médecin légiste pour procéder aux autopsies.

Au moment de son arrivée, six décès sont confirmés.

L’examen du véhicule au cœur de l’enquête

Le véhicule impliqué a fait l’objet d’une attention particulière de l’expert désigné le matin même par la magistrate. Sur place puis lors d’analyses plus poussées, les enquêteurs constatent d’importants dégâts : pare-brise écrasé, rétroviseurs arrachés, pare-chocs fortement endommagé.

Des traces sont relevées : du sang sur le capot et à l’intérieur, notamment sur le siège conducteur et le tableau de bord. Des bout de tissus sont retrouvés sous le sous-bassement. Rouges et jaunes, ils ne peuvent que provenir du costume du gille sur le lequel a roulé la voiture. Plusieurs objets sont retrouvés dans l’habitacle, dont un foulard ensanglanté et des canettes d’alcool.

Les suspects et les premières constatations

Paolo Falzone, conducteur présumé, présente des lésions au visage compatibles avec un choc contre le pare-brise. Il est testé positif à l’alcool, avec un taux de 0,29 mg/l d’air alvéolaire.

Entendu par la juge d’instruction, Paolo Falzone est inculpé d’homicide involontaire et coups et blessures involontaires. Il est placé sous mandat d’arrêt. Antonino Falzone est inculpé de non-assistance à personne en danger et laissé en liberté sous conditions.

Une soirée qui bascule

Les auditions reviennent aussi sur le déroulement de la soirée. Les deux accusés avaient passé la nuit dans une discothèque à Quévy, où ils avaient consommé 3 whisky-coca avant de repartir vers 4 heures du matin.

Une enquête d’une ampleur exceptionnelle

La juge d’instruction souligne l’ampleur du travail réalisé : près de 600 procès-verbaux ont été dressés. L’enquête s’appuie sur de multiples éléments, dont les analyses médico-légales, les expertises automobiles, les vidéos de surveillance et les données téléphoniques.

 

 

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