Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale ont présenté devant la cour d’assises le travail d’analyse effectué sur la BMW de Paolo Falzone.
Les premières analyses des systèmes informatiques embarqués n’ont pas permis de déterminer avec précision la vitesse du véhicule ni l’activité du conducteur au moment de la collision. Les experts ont pu extraire le disque dur et la puce mémoire, mais un dysfonctionnement du système — probablement causé par l’impact — a empêché une synchronisation complète des données.
Un élément notable ressort toutefois : un iPhone a été connecté au véhicule pour la dernière fois à 5h04, soit au moment de la collision.
Certaines informations restent inaccessibles sans une procédure officielle impliquant le parquet de Munich, comme l’ont indiqué les experts via BMW Belgique.
Une “boîte noire” révélatrice
L’analyse du module ACSM, comparable à une boîte noire, a permis de recueillir des données cruciales concernant le système ABS et le déclenchement des airbags. Les experts se sont concentrés sur plusieurs axes : la vitesse au moment des faits, les actions du conducteur, la réaction des systèmes d’assistance et les raisons pour lesquelles le véhicule ne s’est pas arrêté.
Un moteur modifié illégalement
L’expertise confirme que le moteur du véhicule avait été modifié, passant de 292 à 355 chevaux. Une puissance bien supérieure aux normes du constructeur, qui fixe une limite à 300 chevaux pour ce type de véhicule.
Le garage ayant procédé à cette modification n’était pas autorisé à le faire, une intervention réservée exclusivement au constructeur. Cette reprogrammation transforme la voiture en véhicule à caractère sportif, avec des performances nettement accrues.
Fait troublant : Paolo Falzone a d’abord nié toute modification avant de reconnaître les faits lors d’une seconde audition. Son père était au courant de ce changement, contrairement à sa mère.
Quelques jours avant l’entretien des 60.000 km en janvier 2022, le conducteur avait demandé à remettre le moteur dans sa configuration initiale… avant de le faire à nouveau “regonfler” dès le lendemain.
Un véhicule lourdement endommagé
L’état de la voiture après les faits est décrit comme exceptionnellement dégradé. Les experts évoquent des dégâts rarement observés en 40 ans de carrière. Le capot est replié vers l’arrière, le pare-brise fissuré et partiellement découpé par les secours, et de nombreuses traces de sang sont visibles dans l’habitacle.
Des éléments mécaniques ont été arrachés, notamment la batterie, probablement après le passage du corps d’une victime, ce qui aurait entraîné une défaillance électronique.
À l’extérieur, l’aile avant gauche est fortement rétractée après plusieurs impacts, tandis que le feu avant gauche est totalement détruit. Le feu droit, bien qu’endommagé, restait fonctionnel. Fait notable : la porte arrière droite est restée intacte.
Le frein à main a été retrouvé enclenché sous la console centrale.
Une expertise complexe
En raison de l’ampleur des dégâts, les analyses ont dû être réalisées dans les ateliers spécialisés de la police judiciaire de Tournai. L’expert mandaté par le ministère public a mis près de deux ans à finaliser son rapport, notamment en raison de la complexité des données à obtenir auprès du constructeur.
Une vérité encore partielle
Malgré ces éléments, plusieurs questions essentielles restent sans réponse, notamment sur la vitesse exacte du véhicule et le comportement précis du conducteur au moment du drame. Des éléments qui seront à nouveau aborder de manière approfondie lors de l’audition de l’expert automobile. Une audition prévue ce jeudi.
Recommandations
Procès Falzone: la diffusion de vidéos dont celles de Paolo Falzone au volant au moment de l'impact a suscité beaucoup d'émotion
Procès Falzone : Antonino Falzone invoque le choc et la panique lors de son audition
Procès Falzone : une première journée éprouvante pour les parties civiles