Au cœur de l’expertise automobile, l’analyse des données techniques de la BMW occupe une place centrale. La collaboration de la marque allemande a été jugée limitée par l’expert.
Pour exploiter les données issues de l’ordinateur interne de la BMW de Paolo Falzone l’expert automobile mandaté par la juge d’instruction a dû solliciter la participation du constructeur allemand. Certains éléments techniques ne sont effets récupérables que par son intermédiaire.
Données illisibles
La justice belge a donc sollicité la justice allemande afin qu’une demande soit formulée à BMW. Constructeur qui a fourni certaines données mais difficilement exploitables par l’expert.
« Nous devons regretter une collaboration passive et limitée de BMW GROUP ; circonstance qui nous contraint, puisque toutes informations utiles ne nous ont pas été communiquées, de procéder à une analyse du code hexadécimal » indique ainsi l’expert dans ses conclusions.
Un fichier illisible de BMW
Ce jeudi, dans son audition, l'expert automobile estime que le constructeur s’est contenté du rapport du pré-crash qui se limite à préciser sept paramètres (vitesse, % de pression sur la pédale d’accélérateur, régime moteur, braquage du volant, fonctionnement du frein de service, ABS et contrôle de stabilité).
Aucune information sur la cinétique de collision telles que les décélérations longitudinales et transversales.
Il précise aussi avoir reçu un fichier illisible de BMW. Face à des données non exploitables en l’état, l’expert a dû procéder à une longue et complexe traduction des données fournies par le constructeur.
Les résultats viennent appuyer son analyse de la décélération : environ 30 km/h en 250 millisecondes (de 105 à 75 km/h).
Nous avons contacté le constructeur allemand. BMW Belgique estime avoir pleinement collaboré aux demandes de la justice.
« Sans entrer dans les détails de l'enquête, je peux simplement vous confirmer que, comme toujours, nous avons bien sûr apporté notre entière coopération à cette enquête, en étroite collaboration avec les services de police » nous a ainsi précisé Jeroen Lissens, responsable de la communication de BMW.
Des pièces envoyées en Allemagne
Certaines pieces de la BMW série 5 conduite par Paolo Falzone ont été envoyées en Allemagne pour être analysées par la firme bavaroise.
“Nous avons ainsi contribué au démontage de certaines pièces qui ont ensuite été examinées et analysées de manière approfondie à notre siège central à Munich, tant par nos collègues techniques de notre siège central que par ceux du ou des fournisseurs des pièces concernées, afin d’obtenir ensemble des informations aussi précises que possible » précise encore le représentant de BMW.
Si l’expert a lui estimé que BMW aurait pu collaborer de manière plus importante, ça ne lui a pas empêché de dresser une analyse précise des faits. Une expertise qui permet d’établir avec précisions la vitesse et la progression du véhicule lors des faits.
Une analyse centrale dans le dossier et qui contribuera à la décision finale du jury.
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