Les experts décrivent un jeune homme immature, centré sur lui-même, peu conscient de ses limites et davantage préoccupé par son image que par les conséquences de ses actes.
Le neuropsychiatre, le docteur Bongaerts, a expliqué avoir rencontré Paolo Falzone à plusieurs reprises depuis mars 2022, quelques jours après les faits, lors de la reconstitution et en prison. Dès les premiers entretiens, l’expert dit avoir été frappé par un comportement très autocentré.
« Il posait énormément de questions sur la procédure. Il ne s’exprimait pas spontanément sur les faits », explique-t-il.
Selon lui, l’accusé évoquait davantage les dégâts matériels — notamment le pare-brise brisé — que la gravité humaine du drame.
Pas de trouble mental, ni d’autisme
Interrogé sur un éventuel comportement autistique évoqué par certains témoins, le docteur Bongaerts a été catégorique :
« J’ai plutôt observé un comportement autocentré. Pas d’autisme au sens médical du terme. »
Les experts n’ont détecté aucun trouble psychiatrique majeur susceptible d’altérer son discernement au moment des faits. Aucun trouble de la personnalité n’a davantage été retenu.
Le psychologue M. Macquet souligne toutefois des « modérations intellectuelles », avec un score limite aux tests cognitifs, sans retard mental. Paolo Falzone présenterait des difficultés dans le raisonnement et dans les échanges, ainsi qu’une faible conscience de ses propres limitations.
« Il n’a pas conscience de la gravité des faits », affirme l’expert.
Une personnalité immature et peu empathique
Les spécialistes décrivent un homme vivant principalement « dans l’instant », avec peu de projections dans l’avenir. Les rapports évoquent une personnalité immature, dépendante et peu autonome.
« Il a besoin d’être pris en charge », souligne le psychologue.
Les experts relèvent également une certaine distance émotionnelle et des capacités empathiques limitées.
« On repère souvent cela chez des personnes égocentrées », précise M. Macquet.
Selon les évaluations psychologiques, Paolo Falzone cherche fortement à attirer l’attention et à valoriser son image sociale.
« Ses relations sont plus superficielles avec ses compagnes qu’avec sa voiture »
L’un des éléments marquants de l’expertise concerne la place occupée par l’automobile dans la vie de l’accusé. Paolo Falzone évoque régulièrement sa passion pour les voitures, son plaisir à entretenir son véhicule et son projet professionnel dans le domaine automobile.
« Il se dit un peu maniaque avec sa voiture », relate le neuropsychiatre.
Les experts vont plus loin dans leur analyse :
« Ses relations sont plus superficielles avec ses compagnes qu’avec sa voiture. »
Le besoin de paraître et de s’exposer est également mis en évidence. Paolo Falzone a lui-même reconnu qu’il se filmait au volant pour « alimenter ses stories et impressionner ses followers ».
Une banalisation de la vitesse
Lors des entretiens, Paolo Falzone reconnaît avoir déjà connu plusieurs procédures liées à des infractions routières, « environ deux à trois fois par an ». Selon les experts, il évoquait ces antécédents de manière banale.
« Ce n’étaient pas de simples excès de vitesse », souligne le docteur Bongaerts.
Avec le temps, l’accusé finit toutefois par reconnaître davantage sa responsabilité dans le drame.
« Il reconnaît qu’il était inconscient de rouler de la sorte », rapporte le neuropsychiatre.
Un stress post-traumatique jugé peu crédible
Les experts se sont également penchés sur l’état psychologique de Paolo Falzone après le drame. Aucun trouble de stress post-traumatique n’a été retenu dans un premier temps.
Un second test a ensuite révélé un score très élevé, immédiatement jugé incohérent par les spécialistes.
« C’est une exacerbation par l’intéressé de son état. Cela n’a pas de sens par rapport à la réalité clinique observée », explique le psychologue.
Les experts soulignent d’ailleurs l’absence d’anxiété majeure chez l’accusé malgré la gravité des faits, un constat qu’ils jugent inhabituel.
Cannabis et impulsivité
Enfin, les spécialistes relèvent une personnalité impulsive ainsi qu’une consommation de cannabis probablement sous-estimée par l’accusé. Du cannabis avait notamment été retrouvé dans sa cellule en prison.
Pour les experts, Paolo Falzone apparaît donc comme un jeune homme immature, peu conscient des conséquences de ses actes, attaché à l’image qu’il renvoie et présentant des limites importantes en matière d’empathie et de prise de recul — sans pour autant souffrir d’un trouble psychiatrique majeur.
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