Après 3 jours d’audiences, les 12 jurés ont pu poser leurs premières questions. Aux enquêteurs mais aussi directement aux accusés.
Après quelques secondes d’hésitation, un premier juré se lève micro à la main. Il s’adresse aux policiers qui viennent de clôturer la présentation de leur enquête sur les faits survenus le 20 mars 2022. Une première question précise sur la distance à laquelle se trouvait la voiture 2,5 secondes avant l’impact. La présidente indique alors que cette question devra attendre ce jeudi et l’audition de l’expert automobile pour obtenir une réponse.
Les jurés questionnent directement les accusés
Mais ce premier juré n’en reste pas là et enchaine avec une question directement adressée à Paolo Falzone : « Avez-vous déjà percuté un petit animal avec votre voiture ? » Paolo Falzone se lève et indique qu’il déjà écrasé un chat.
Des accusés que le jury distingue désormais clairement. Paolo Falzone et Antonino Falzone sont en effet installés depuis ce mercredi sur une petite estrade. Jusqu'alors ils étaient positionnés à l'arrière de leurs avocats, au niveau du sol et donc difficilement visibles par les jurés.
Une fois ces premières questions posées, d’autres jurés se manifestent et les questions s’enchainent.
Un juré demande ainsi à Antonino Falzone si, sur la route, il a fait la morale à son ami qui se filmait au volant.
« J’ai appris après qu’il filmait, uniquement lorsque les policiers m’ont montré la vidéo de Paolo. Je ne faisais pas attention à ce qu’il faisait, ni à sa vitesse et sa conduite. », répond-il.
Un autre juré demande l’état d’esprit d’Antonino Falzone lorsque les policiers l’ont interpellé.
« Il m’a paru éteint. Il était ailleurs. Il a fallu aller vers lui et essayer de le ramener à nous. Il était dans un état de choc mais il a répondu aux injonctions. », répond un policier.
Des questions techniques précises
D’autres questions plus techniques s’enchainent également. Comme celle de savoir pourquoi les airbags ne se sont pas déclenchés.
« Le système qui gère les airbags a déterminé que la sécurité des occupants n’étaient pas menacée. La structures de la voiture étant toujours en mesure de les protéger » a ainsi indiqué au juré l’un des policier spécialisé. « Le choc n’a pas eu lieu contre un mur mais contre des corps mous. Le système interne n’a donc pas déclenché les airbags »
Le juré demande également aux policiers s’il existait un système anti-collision des piétons sur la BMW de Paolo Falzone.
Le policier répond par l’affirmative mais précise qu’il ne se met pas en route si la vitesse dépasse les 60 km/h.
Avec ces premières questions, le jury est pour la première fois pleinement entré dans son rôle. Durant l’entièreté du procès ces membres auront l’occasion de questionner l’ensemble des personnes auditionnées mais aussi donc les accusés comme il l’ont donc déjà fait ce mercredi.
Un implications des jurés qui est centrale dans un procès d’assises. Car, pour rappel, ce sont eux et eux seuls qui devront se prononcer sur la culpabilité des accusés.
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