Pasqualina Salandra, la veuve de Frédéric Cicero, a témoigné ce mardi devant la cour d’assises du Hainaut. Un récit poignant, témoignage d’une famille orpheline d’un père, d’un fils , d’un compagnon de vie.
C’est le témoignage bouleversant d’une compagne, d’une mère dont la vie a basculé le 20 mars 2022 au cœur de la rue des Canadiens. Compagne de Frédéric Cicero, décédé ce jour-là, elle a été grièvement blessée.
Ces derniers souvenirs remontent au début du ramassage à la salle omnisports. Après c’est le trou noir jusqu’à son réveil une semaine plus tard à l’hôpital.
Après 7 jours de coma, elle se réveille grièvement blessée. Touchée à la cheville, au crane, aux vertèbres. Elle évite de peu l’amputation d’une jambe. Et reste plusieurs semaines alitée à l’hôpital. Entourée de ses proches à son réveil, elle se rend vite compte de l’absence de son compagnon. Et c’est sa belle-sœur qui lui apprend le décès de Frédéric Cicero.
« Il m’a tout pris. Mon rôle de femme, mon homme, mon rôle de mère. Mon travail. Tout. » témoigne l’infirmière de profession. Qui n’est pas encore en mesure de reprendre son travail.
Mais au-delà de ces blessures physiques et psychologiques, aujourd’hui pour cette mère de famille, le plus douloureux reste l’absence de son compagnon, papa du petit garçon qu’ils ont eu ensemble. Âgé de 3ans au moment du drame, il a désormais 7ans.
« Chaque jour il me parle de son papa. Il me demande si son papa serait fier de lui. J’essaie d’en faire quelqu’un de bien. De ne pas l’élever avec des sentiments de haine ou de vengeance » explique la voix brisée Pasqualina Salandra. Maman aussi de deux plus grands enfants, nés d’une précédente union. Enfants dont Frédéric était aussi très proche.
La compagne de Fred Cicero revient également sur la vie de famille bouleversée. Les fêtes de famille où il manque toujours quelqu’un. La date de l’anniversaire de sa maman, identique à celle de son compagnon, synonyme aujourd’hui de tristesse. La fête des pères que son petit garçon ne peut plus célébrer.
« Aujourd’hui, chaque année mon gamin va déposer sur la tombe de son papa son cadeau de fête des pères » explique-t-elle à la salle, écrasée par la force de ce témoignage.
Vous êtes un modèle de courage
Pour la première fois depuis l’entame du procès, la présidente de la Cour d’assises a laissé échapper un commentaire plus personnel :
« Je pense pouvoir dire, Madame, que vous êtes un modèle de courage ».
A la fin de son témoignage, Pasqualina Salandra a souhaité interroger le principal accusé en lui demandant ce qu’il fait lorsque les audiences se terminent. Question relayée par la présidente « Que faites-vous quand vous rentré après l’audience » ?
Incapable de répondre, la présidente insiste : « Que faites-vous ? Embrassez-vous votre compagne ? Allez-vous voir votre fils ? L’accusé acquiesce.
« Vous avez beaucoup de courage madame et je vous présente mes plus sincères excuses », exprime alors Paolo Falzone.
Point final d’une longue et poignante audition.
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