Dès le début de son intervention, le docteur Dewaele revient sur son arrivée sur les lieux, le matin du drame.
« Quand j’arrive sur place, je constate la présence de plusieurs corps éparpillés et de nombreux débris », explique-t-il.
Les médecins ont ensuite présenté, victime après victime, les résultats des examens médico-légaux. Dans la salle d’audience, l’émotion est palpable. Plusieurs proches détournent le regard lors de la diffusion des images ou quittent la salle. Les deux accusés, Paolo et Antonino Falzone, apparaissent eux aussi profondément affectés.
Des lésions incompatibles avec la survie
Les autopsies révèlent chez la plupart des victimes des polytraumatismes extrêmement lourds : traumatismes crâniens majeurs, fractures multiples, écrasements thoraciques, hémorragies massives ou encore sections du tronc cérébral.
Concernant Vito Cascarano, les médecins décrivent d’importants traumatismes au visage, au bassin et au thorax. Le décès est survenu « quasiment immédiatement ».
Pour Frédéric D’Andrea, les constatations sont tout aussi impressionnantes : fractures multiples à différents endroits du corps, écrasement thoracique et phénomènes hémorragiques importants. Selon le docteur Duverger, les lésions observées sont « compatibles avec un franchissement du corps par le véhicule ».
Le médecin précise :
« Le franchissement signifie qu’un véhicule passe sur le corps, soit par les roues, soit par le soubassement. »
Un juré demandera d’ailleurs confirmation que Vito Cascarano et Frédéric D’Andrea sont les deux seules victimes décédées après avoir été franchies par le véhicule.
« Oui, je le confirme », répond le médecin légiste.
« Un choc extrêmement violent »
Les experts ont insisté à plusieurs reprises sur la puissance du choc subi par les victimes.
À propos de Frédéric Cicero, le docteur Duverger souligne :
« Monsieur Cicero pèse 131 kilos. Pour avoir de telles lésions, le choc a dû être extrêmement violent. »
L’autopsie met notamment en évidence une fracture du crâne, une fracture de la clavicule et une section quasiment complète du tronc cérébral.
« On constate un choc par l’arrière. Le décès a été quasi immédiat », ajoute le médecin.
Le docteur Dewaele évoque lui aussi « un choc très violent », à l’origine notamment d’un important « coup du lapin ».
Salvatore Imperiale parmi les premiers touchés
L’autopsie de Salvatore Imperiale révèle un traumatisme crânien majeur, une fracture thoracique ainsi qu’une section du tronc cérébral.
Le docteur Dewaele tient à préciser :
« Il s’agit de l’une des premières personnes touchées par le véhicule. Raison pour laquelle les fractures sont particulièrement importantes. »
Interrogé sur certaines fractures aux bras et aux poignets, le médecin exclut un geste de défense :
« Ces fractures sont surtout liées aux impacts secondaires et au fait de rentrer dans le véhicule. »
Le cas particulier de Christine Chavrepierre
L’audience s’est également attardée sur le cas de Christine Chavrepierre, décédée en septembre 2024, plus de deux ans après les faits.
Les médecins estiment que son décès reste directement lié au traumatisme crânien initial et aux complications neurologiques et infectieuses qui ont suivi.
Le docteur Duverger décrit une longue période de souffrance :
« Pendant de longues semaines, voire de longs mois, elle a été nourrie par voies périphériques. Il y avait certainement un niveau de conscience et, dans ce cas-là, il y a une importante souffrance. »
Les experts confirment également les lourdes séquelles neurologiques évoquées par ses proches, notamment une régression importante de ses capacités mentales et de son langage.
Une salle bouleversée
Au fil des descriptions médicales, l’émotion a gagné l’ensemble de la salle d’audience. Les images diffusées ont été limitées « à ce qui est strictement nécessaire », avait précisé la présidente de la cour.
Malgré ces précautions, plusieurs parties civiles ont éprouvé des difficultés à regarder les projections. Les deux accusés sont apparus particulièrement touchés tout au long des auditions, se tenant la tête ou se frottant les yeux face aux conclusions des médecins légistes.
Ces témoignages médico-légaux ont surtout permis de mesurer, avec précision, la violence extrême de l’impact qui a coûté la vie aux victimes du drame de Strépy-Bracquegnies.
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