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Mons : les dossiers "dommages de guerre" ouverts à tous

Publié le 25 mai 2022 à 16:17

Les dommages de guerre, c’est un terme dont les plus anciens de nos spectateurs ont peut-être entendu parler un aïeul. Les Archives de l’Etat à Mons viennent de rendre accessible au public les dossiers de demande d’indemnisation de ceux qui avaient subi des dégâts à leurs biens pendant la deuxième guerre. Une véritable mine d’or pour les passionnés d’histoire familiale ou de la région du Centre.

Neuf cents mètres, c’est la longueur des rayons où sont classés les dossiers hennuyers « dommages de guerre » stockés aux Archives de l’Etat. Des dossiers à présent accessibles au grand public.

« Ce sont des dossiers qui contiennent toute une série de documents à l'appui des demandes d'indemnisation de dommages de guerre. »

Des dossiers qui mettent en lumière la portée des dégâts causées par la guerre.

Des photos, comme celles des Forges, Usines et Fonderies d’Haine-Saint-Pierre, bombardées en mai 40 lors de l’invasion et en avril 44, alimentent parfois la demande très détaillée d’indemnisation.

« Les procédures de demande d'indemnisation ont commencé dès la période de l'occupation. Elles ont été confiées à un organisme qui avait été créé spécifiquement pour ça, qui s'appelait le Commissariat général à la restauration du  pays. C'est une administration belge, mais sous contrôle de l'occupant. »

Les Carrières du Levant d’Ecaussinnes, touchées par 5 bombes verront atelier, scierie, bureaux endommagés. Les machines d’exhaure seront détruites et les heures de travail de chaque ouvrier pour les réparer seront scrupuleusement ajoutées à la liste des dommages à indemniser.

Aux Usines Gustave Boël, le dossier demande entre autres réparation pour la disparition de wagons contenant 19 tonnes de cuivre, de bronze et d’outillage. Parfois, les demandes sont plus anecdotiques : la basse-cour du château Boël a perdu ses 50 poules pondeuses. Il faudra aussi indemniser un manque à gagner pour les 35 œufs qu’ils pondaient quotidiennement.

Le dossier des Ateliers du Thiriau à Bois d’Haine s’accompagne d’un plan très précis où sont indiqués précisément les points d’impact des bombes.

Le Collège Notre-Dame de Bon Secours de Binche sera occupé par les Allemands. Dans sa demande d’indemnisation, apparaissent des alcôves détruites ainsi que 4 queues de billard.

Autant être exhaustif, puisqu’administration menait ensuite une enquête minutieuse.

« Il y a ensuite une expertise officielle par des fonctionnaires qui étaient dédiés à cette tâche et allaient constater sur place les dégâts. Et puis, toute la procédure suit son cours jusqu'à l'indemnisation qui pouvait intervenir très longtemps après, donc parfois 20 ou 30 ans après les faits. »

A la libération, c’est le ministère de la Reconstruction qui prend en charge les demandes quel que soit l’auteur des dégâts.

« Effectivement toute personne ayant subi des dommages, quels qu'ils soient, pouvait introduire une demande et donc que ce soit des dommages causés par l'invasion allemande par l'envahisseur au moment de l'invasion ou pendant l'occupation, donc des réquisitions par exemple. Les dommages subis au moment de la Libération, au moment des bombardements alliés en 1944 ou pendant l'Occupation et les sabotages de la Résistance par exemple ».

Les charbonnages de Bois du Luc déclarent le vol de 700 kg de dynamite et ainsi que celui d’une voiture en aout 44 par des partisans louviérois. Autre dommage de guerre : le pillage par des bandes d’hommes et de femmes qui se sont jeté à plusieurs reprises sur les stocks et les wagons.

« Il y a effectivement beaucoup de dossiers qui concernent des entreprises. Et comme les entreprises devaient faire l'état de leurs biens au moment de l'invasion, donc juste avant le début de la  guerre, on a un état de ces entreprises, de leur équipements, de leur matériel en 1939. onc, du point de vue de l'histoire économique, de l'histoire, des techniques puisqu'on a une description des matériels, des machines utilisées, ça peut être d'un grand intérêt également. »

Les dossiers introduits par les particuliers peuvent aussi être consultés gratuitement aux Archives de l’Etat à Mons. Rien qu’en Hainaut près de 50.000 biens immobiliers ont été endommagés ou détruits. Via le site search.arch.be, vous pourrez voir s’il existe un dossier au nom d’un aïeul.

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