Les 22 et 23 mars prochains, les italiens votent par référendum une réforme de la justice,. Un scrutin qui concerne aussi des citoyens installés à l'étranger, y compris en Belgique. Mais pourquoi est-il important de se mobiliser ?
Même loin de l’Italie, le lien démocratique persiste. En Belgique, des citoyens d’origine italienne — parfois nés sur le territoire — reçoivent encore leur bulletin de vote. Un droit qui s’inscrit dans la continuité de la nationalité, mais dont l’exercice reste un choix, souvent questionné.
« Tous ceux qui sont italiens d’origine, même s’ils sont nés en Belgique, restent italiens », rappelle Nadia Buttini.
Pour elle, la participation électorale permet avant tout de maintenir un lien avec le pays d’origine. Un lien qui n’est pas uniquement symbolique : certains électeurs conservent des intérêts directs en Italie, qu’ils soient fiscaux, patrimoniaux ou juridiques.
Mais cette réalité varie fortement selon les générations. Les primo-arrivants gardent généralement une relation étroite avec l’Italie, entre famille, biens et attaches culturelles. À l’inverse, pour les jeunes générations nées en Belgique, ce lien peut sembler plus lointain.
Dès lors, une question s’impose : quelle est la légitimité ou même l’utilité de voter pour un pays dont on est parfois éloigné au quotidien ?
Pour Nadia Buttini, la réponse est claire : le droit de vote dépasse la seule proximité géographique.
« C’est une conquête démocratique », insiste-t-elle, soulignant l’importance de continuer à l’exercer, y compris depuis l’étranger, pour en préserver la valeur.
Encore faut-il pouvoir voter facilement. Sur ce point, les obstacles restent nombreux. Le vote par correspondance exige des démarches rapides, et en cas de problème, les électeurs doivent se rendre au consulat. Un déplacement contraignant, notamment pour ceux qui vivent loin, à La Louvière, Namur ou ailleurs. Résultat : beaucoup renoncent, faute de facilités et d’encouragements.
Ce désengagement s’inscrit aussi dans un contexte politique particulier. Le référendum italien actuel, centré sur une réforme du Conseil supérieur de la magistrature, suscite des inquiétudes. Ses opposants dénoncent une menace pour l’équilibre des pouvoirs et la démocratie.
Pourtant, selon Nadia Buttini, tout est fait pour limiter la participation des Italiens de l’étranger. Elle pointe notamment l’absence de campagne d’information, tant dans les médias italiens que belges, mais aussi des réformes récentes de la citoyenneté qui restreignent sa transmission aux nouvelles générations.
Entre droit hérité, obstacles pratiques et enjeux politiques, le vote des Italiens de l’étranger illustre ainsi une réalité complexe : celle d’une démocratie qui dépasse les frontières, mais peine encore à mobiliser tous ses citoyens.
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