A partir du 1er mars, la TVA sur les nuits d'hôtel passera à 12%. Une hausse décidée par le gouvernement fédéral qui ne passe pas auprès du secteur. A La Louvière, une gérante d'hôtel est inquiète des conséquences pour son établissement et ses clients.
« Catastrophique. Catastrophe en fait. Ils viennent chez nous prendre de l'argent où déjà il y a des difficultés. »
Pour Vanessa Litro, gérante de l’Hotel Tristar à La Louvière, le ton est donné. La professionnelle ne cache pas son inquiétude face au doublement presque du taux de TVA appliqué aux nuitées.
Des hausses de prix inévitables, mais progressives
La mesure obligera les établissements à adapter leurs tarifs.
Le problème, c'est qu'on va devoir augmenter les tarifs. Malheureusement, par rapport à la concurrence et au pouvoir d'achat des Belges, on ne pourra pas se permettre d'augmenter nos tarifs directement. Avec la perte qu'on va avoir avec ces 12 %, on va devoir le faire progressivement et mettre de notre poche. Mais c'est déjà compliqué.
Selon la gérante, l’argument d’un impact principalement sur les touristes étrangers ne correspond pas à sa réalité quotidienne.
Nous, on est à La Louvière, on n'est pas à Bruxelles, on n'est pas à Bruges, pas dans des villes touristiques. On travaille avec les gens de La Louvière et quelques ouvriers. C’est encore le peuple belge qui va être impacté.
Des règles transitoires jusqu’au 30 juin
Concrètement, seules les réservations effectuées avant le 28 février pour des séjours ayant lieu avant le 30 juin continueront à bénéficier du taux réduit de 6 %. Au-delà, la TVA de 12 % s’appliquera automatiquement.
Pour les établissements, cela implique une réorganisation interne : mise à jour des systèmes de facturation, adaptation des grilles tarifaires et absorption temporaire d’une partie du surcoût.
Des prix au jour le jour
Dans un contexte déjà tendu, la fixation des prix devient plus complexe.
Ça fluctue de jour en jour. (…) Avec les taxes communales, les taxes gouvernementales et plus la TVA, je ne peux pas vous dire combien sera la chambre demain. C’est au jour le jour.
À cette incertitude s’ajoute une évolution des habitudes de réservation.
Il y a de moins en moins de réservations et les gens ne s’y prennent plus à l’avance. Maintenant, on va au jour le jour. On a changé toute notre tactique et honnêtement, on avance avec la boule au ventre. C’est horrible.
Un secteur fragilisé
Dans un marché déjà instable, cette réforme pourrait modifier durablement les comportements des clients et peser davantage sur un secteur qui fonctionne souvent avec des marges limitées.
Pour les hôteliers comme Vanessa Litro, les prochains mois seront déterminants pour mesurer l’impact réel de cette hausse de TVA sur la fréquentation et la viabilité de leurs établissements.
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