Après plus de vingt ans derrière son comptoir, et malgré son amour du métier, Mehdi Mrakha,patron de deux cafés bien connus a décidé de tirer sa révérence. Une décision difficile qui reflète les difficultés économiques d’un secteur sous tension.
L’annonce a probablement surpris les habitués. Sur les réseaux sociaux, il a en effet officialisé la fermeture de ses bars, situés dans le Centre Ville louviérois, Le Pilsor et le Flanagan’s. Une décision mûrement réfléchie, mais loin d’être simple, explique Mehdi Mrakha.
Ça devenait compliqué. Après le Covid, j'avais trois établissements et on a traîné un passif. Je n'ai pas voulu arrêter, j'ai voulu continuer jusqu'au bout. Et aujourd'hui, ce n'est plus possible. Le volume des ventes et la fréquentation ont diminué. Personnellement, je n'ai plus l'énergie et l'impulsion nécessaire pour gérer mes bars du soir au matin.
Car derrière le comptoir, la réalité est aussi physique. Depuis 2022, l’exploitant a connu plusieurs problèmes de santé. Mais au-delà de sa situation personnelle, Mehdi Mrakha pointe également une tendance plus large : celle d’un secteur Horeca fragilisé et d’habitudes de consommation qui ont changé.
Vous le voyez en rue. On voit de moins en moins de gens qui se baladent en soirée, mais on voit de plus en plus de livreurs. Les gens mangent chez eux et plus en ville. Cette convivialité s'est perdue depuis le covid, Même les jeunes ont perdu l'habitude de sortir.
Malgré tout, l’homme préfère retenir les souvenirs : les soirées, les rencontres… et même les couples qui se sont formés dans ses établissements notamment lors des festivités carnavalesques. Une période pour laquelle une question reste en suspens. Les sociétés devront-elles composer avec deux cafés en moins sur l’itinéraire ?
Je ne pense pas. Si je n'ai pas de repreneur sérieux pour cette période là, j'ouvrirai pour la soumonce et le carnaval. Ce n'est pas mon premier souhait, parce ques j'aime bien faire les choses avec le cœur. J'ai déjà eu 14 personnes qui se sont manifestées pour une reprise.
Maintenant, on va regarder qui est sérieux et un choix sera fait.
Fatigué mais sans amertume, Mehdi Mrakha tourne la page après vingt-sept ans de métier. Avec l’expérience acquise, et toujours des idées en tête pour la suite.
Sur le même sujet
Recommandations
Binche : la Fabrique de vêtements répare les objets et les gens
La Louvière : les mesures d’économies votées lors d’un conseil communal houleux
Le Roeulx accueille le plus grand parc de batteries du pays
Audi Brussels : fin de la production de voitures fin février 2025
Horticulteurs : même combat que les agriculteurs
Agriculteurs : un convoi est parti de Binche vers Bruxelles