La fin des subsides provinciaux et des rencontres musicales bouleverse la région. À Binche, la fanfare des Chasseurs perd une aide modeste mais essentielle, laissant les musiciens face à une fragilisation au sein des sociétés musicales du Hainaut.
Hainaut : la fin des subsides met un terme aux rencontres musicales provinciales
La décision est tombée : les subsides provinciaux destinés aux sociétés musicales du Hainaut prennent fin. Avec eux disparaissent également les rencontres musicales provinciales, ces rendez-vous qui rassemblaient harmonies, fanfares et chorales autour d’une même passion.
Pour de nombreux musiciens amateurs, l’émotion est vive. Au-delà du montant financier, c’est tout un pan de la vie culturelle locale qui est fragilisé.
Un modèle économique déjà fragile
Pour la Fédération Musicale du Hainaut, la suppression des aides met en lumière la précarité du secteur musical amateur. Son vice-président, Dominique Lecomte, souligne une différence majeure avec le monde du sport.
Contrairement aux clubs sportifs, où les cotisations annuelles constituent une ressource essentielle, les harmonies et fanfares demandent rarement une inscription payante à leurs membres. Le financement repose surtout sur des membres donateurs, l’exploitation d’une cafétéria, l’organisation de soupers, de festivités et de concerts.
Un gala annuel organisé au Théâtre communal de Binche permet également de dégager quelques recettes, mais cela reste insuffisant pour couvrir l’ensemble des besoins.
900 euros qui comptent
La Fanfare Royale des Chasseurs de Binche bénéficiait d’un subside de 900 euros étalé sur quatre ans. Une somme modeste en apparence, mais qui faisait la différence.
Un instrument représente un investissement important, et l’achat de partitions constitue une dépense régulière : un seul morceau peut coûter environ 120 euros. Les aides permettaient aussi l’acquisition de matériel, notamment en percussions. Sans ce soutien, chaque achat devient un défi supplémentaire.
La fin d’un espace d’émulation
Au-delà de l’aspect financier, c’est la disparition des rencontres musicales provinciales qui inquiète le plus. Ces événements favorisaient l’émulation artistique, les échanges et la rencontre entre orchestres d’une même province.
Dans un territoire vaste comme le Hainaut, ces formations ne se croisent pas facilement. Ces festivals représentaient un moment privilégié pour partager expériences et répertoires. Leur suppression est perçue par certains comme une décision budgétaire aux conséquences culturelles disproportionnées.
Le public, moteur essentiel
Malgré la déception, les musiciens restent animés par la même passion. Pour Annick Duroux, première clarinette, l’essentiel demeure le plaisir de jouer pour le public.
La satisfaction ne réside pas dans un prix ou une récompense, mais dans les applaudissements, les sourires et l’enthousiasme des spectateurs. Offrir une heure ou une heure et demie de musique et voir la salle vibrer reste la plus belle des récompenses.
Un patrimoine vivant à préserver
Les harmonies et fanfares font partie intégrante du patrimoine culturel du Hainaut. Elles animent les fêtes locales, participent aux cérémonies et contribuent à la cohésion sociale.
Si les subsides disparaissent, la volonté de continuer à jouer demeure. Mais la question reste posée : quelle place souhaite-t-on accorder à la culture amateur dans nos territoires ? Car derrière ces décisions budgétaires, c’est tout un tissu culturel et humain qui se retrouve aujourd’hui fragilisé.
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