Le club de Capoeira Abadá organise son festival annuel de passage de grades, du 22 au 24 mai, au Scailmont. L'occasion de nous plonger lors d'un entraînement au coeur de cette discipline venue tout droit du Brésil.
À Manage, le club de capoeira Abadá fait découvrir depuis plusieurs années un art venu tout droit du Brésil. Mélange de danse, de combat et de musique, cette discipline attire aujourd’hui un public de plus en plus large, des enfants aux adultes.
« La capoeira, c’est un art martial afro-brésilien qui puise ses racines au temps de l’esclavage au Brésil. C’est un mélange de danse, de lutte, d’acrobatie et de rythme », explique Lindsay Argiolas, co-responsable du club.
Une discipline spectaculaire mais contrôlée
Encore méconnue du grand public, la capoeira impressionne par son aspect spectaculaire, mais reste avant tout une pratique codifiée et maîtrisée.
« En principe, il n’y a pas de contact. Il peut y en avoir lors de certains entraînements spécifiques ou en compétition, mais ce n’est pas l’objectif. Le but n’est pas de mettre K.O son adversaire », précise-t-elle.
Au Brésil, la discipline occupe une place importante dans la culture sportive. Le Mestrando Esquilão, responsable du club à Manage, rappelle même son ampleur dans son pays d’origine.
« Au Brésil, la capoeira est le deuxième sport le plus pratiqué après le football. On peut jouer partout, dans la rue, sans besoin d’infrastructure particulière », dit-il.
Une pratique accessible et formatrice
Accessible dès le plus jeune âge, la capoeira séduit aussi pour ses bienfaits physiques et mentaux.
« Elle améliore les fonctions psychomotrices, les capacités cardio-vasculaires, la posture. Elle aide aussi à mieux gérer le stress et à développer la capacité d’anticipation », souligneLindsay Argiolas.
Dans les salles d’entraînement de Manage, enfants et adultes évoluent ensemble, dans une ambiance conviviale.
« Les enfants peuvent commencer dès l’âge de trois ans. C’est une approche adaptée, centrée sur le mouvement et la coordination », ajoute-t-elle.
Des champions formés à Manage
Parmi les pratiquants, Elena Piazza s’est illustrée au plus haut niveau. Aujourd’hui championne d’Europe dans sa catégorie, elle raconte une passion née très tôt.
« Quand j’étais petite, je voulais faire un art martial. Un ami de mon père m’a fait découvrir la capoeira et j’ai tout de suite accroché », dit-elle.
Avec le temps, la discipline est devenue un engagement quotidien.
« C’est toute une culture, il y a un esprit de groupe, de la solidarité. Il y a aussi les instruments, les acrobaties… c’est un sport très complet », explique-t-elle.
L’exigence est forte. « Ça demande beaucoup de cardio et de travail. Même en s’entraînant tous les jours, il faut constamment se dépasser », ajoute la championne.
Un titre européen
Son titre européen a été décroché récemment lors d’une compétition au Portugal.
« On est partis à Lisbonne pour les Jeux européens de capoeira. On s’est entraînés avec des maîtres venus du Brésil avant la compétition », raconte-t-elle.
Derrière ces résultats, il y a surtout un travail de longue haleine mené par le Mestrando Esquilão, arrivé du Brésil il y a plus de 20 ans.
« Je développe la capoeira ici depuis plus de vingt ans. J’ai formé beaucoup d’élèves, certains sont devenus champions », dit-il.
Une fierté pour celui qui a vu grandir plusieurs générations de pratiquants.
« Voir des jeunes devenir champions, ramener des titres, c’est un grand plaisir », ajoute-t-il.
À Manage, la capoeira est ainsi bien plus qu’un sport. Entre transmission culturelle, exigence physique et esprit de groupe, le club Abadá continue de faire vivre une discipline encore peu connue en Belgique, mais profondément ancrée dans une dynamique collective et humaine.
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