À travers les témoignages de Linda Jamaels, directrice du département social, et de Séverine Broweys, conseillère de l’action sociale, se dessine une réalité de terrain marquée par la saturation des services et l’incompréhension des bénéficiaires.
Dès le départ, les projections annonçaient une hausse importante du nombre de personnes se tournant vers le CPAS. Toutefois, la réalité dépasse ces estimations.
« On nous avait annoncé environ 30 % de personnes qui pousseraient la porte du CPAS. Aujourd’hui, on est plutôt entre 45 et 50 % », explique Linda Jamaels.
Cette augmentation rapide se traduit par une évolution marquante des chiffres : alors que le CPAS comptait 535 bénéficiaires du droit à l’intégration sociale fin décembre 2025, ils sont désormais plus de 600 à la fin du mois de mars 2026.
Cette hausse s’explique notamment par les différentes vagues d’exclusions du chômage. Si les premières concernaient des groupes plus restreints, la troisième vague devrait toucher un nombre bien plus important de personnes. Sur les 155 exclusions annoncées, une part significative pourrait se tourner vers le CPAS, accentuant encore la pression sur les services.
Mais au-delà des chiffres, c’est aussi l’incompréhension des bénéficiaires qui interpelle.
« Les gens ne comprennent pas spécialement pourquoi ils perdent leur chômage », souligne Séverine Broweys.
Cette situation engendre une charge de travail accrue pour les équipes. Malgré l’engagement d’un travailleur supplémentaire à temps plein, les moyens restent insuffisants face à l’afflux de nouveaux dossiers.
« Elles avaient déjà un nombre important de dossiers, et aujourd’hui, elles en ont encore davantage », précise Séverine Broweys.
Le CPAS, tenu d’accueillir toute personne qui en fait la demande, ne peut se soustraire à cette mission, même dans un contexte de saturation.
Sur le terrain, les travailleurs sociaux font preuve d’un grand professionnalisme et d’une forte résilience. Néanmoins, les conditions de travail se dégradent. Le manque de temps devient un enjeu central :
« Ne pas pouvoir consacrer le temps nécessaire à chaque situation, parce que d’autres personnes attendent derrière, est une source de frustration importante », confie la conseillère.
Face à cette situation, le CPAS de Soignies illustre les conséquences concrètes des politiques d’exclusion sur les services sociaux locaux. Entre augmentation des demandes, manque de moyens et complexité administrative, les équipes doivent s’adapter en permanence pour continuer à remplir leur mission essentielle : venir en aide aux personnes les plus vulnérables.
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