L'étude menée par l'ISSeP a mis en évidence une surexposition aux PFAS chez les habitants de quatre zones wallonnes à risque, dont Ronquières. Elle a également permis d'identifier les principaux facteurs responsables de cette surexposition.
À la demande du Gouvernement wallon, l'Institut Scientifique de Service Public (ISSeP) a mené une étude auprès de 1.600 habitants de Chièvres, Ronquières, Nandrin et Florennes.
Cette étude scientifique s'est basée sur des analyses sanguines et des questionnaires détaillés à propos des habitudes de vie, de l’alimentation et de l’environnement des participants. Elle a mis en évidence une surexposition aux PFAS chez les habitants de ces différentes zones, quelle que soit leur catégorie d'âge, en comparaison avec la population générale wallonne.
En plus d'identifier les principaux facteurs responsables de cette surexposition, elle a également permis d’orienter les actions de prévention.
Pour rappel, les PFAS sont des substances chimiques, également appelées "polluants éternels". Utilisés depuis les années 1950 dans de nombreux produits industriels et de consommation, ils persistent dans l’environnement et s’accumulent dans l’organisme humain. Ces PFAS présentent des risques pour la santé.
Les différents facteurs d'exposition
La recherche de facteurs d'exposition a été réalisée pour les six PFAS les plus quantifiés (PFOA, PFOS, PFHxS, PFNA, PFHpS et PFDA). Les résultats mettent en évidence plusieurs déterminants majeurs.
Au niveau individuel, l'âge et le sexe influencent les niveaux d’imprégnation, les personnes plus âgées et les hommes présentant généralement des concentrations plus élevées.
La consommation d'eau du robinet a été identifiée comme le principal facteur d'exposition. Les personnes ayant consommé de l’eau du robinet pendant la période de contamination présentent des concentrations en PFAS plus élevées.
Par ailleurs, le lieu de résidence et la durée d'exposition jouent également un rôle important. Les habitants résidant depuis plus de 10 ans dans les zones concernées présentent des niveaux plus élevés.
L'alimentation joue également un rôle important. La consommation d’œufs issus d’élevages domestiques et de produits de la mer est liée à des niveaux plus élevés d’exposition.
Enfin, certains produits du quotidien (textiles, cosmétiques, produits d’hygiène, ...) peuvent également contribuer à l’exposition. Leur impact semble toutefois plus limité par rapport aux autres facteurs d'exposition.
Comment réduire l'exposition ?
Sur base de cette étude, plusieurs recommandations ont été formulées :
- Maintenir une surveillance stricte de la qualité de l’eau potable.
- Par précaution, éviter la consommation d’œufs d’autoproduction dans les zones concernées, en attendant des analyses complémentaires.
Nous refermons aujourd'hui un chapitre important pour les citoyens. Si ce chapitre est clos, notre responsabilité en tant que pouvoirs publics est de poursuivre les investigations, continuer à garantir aux citoyens une qualité de l’eau irréprochable et de poursuivre l’amélioration du cadre réglementaire autour des PFAS, aux niveaux européen, fédéral et régional », assure Yves Coppieters, ministre de la Santé et de l'Environnement.
Disponibles en ligne, les résultats seront présentés à Ronquières lors d'une séance d'information. Toutes les personnes intéressées ayant rempli les questionnaires y sont conviées. Elle se tiendra le jeudi 23 avril à 19h à la salle de la gare de Ronquières (rue Jules Dekeyn 29).
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