Souvent méconnue, l’escrime est pourtant un sport spectaculaire où vitesse, stratégie et maîtrise de soi s’entremêlent. Sur la piste, chaque assaut est un duel intense où le moindre geste peut faire la différence.
Des règles précises et une stratégie omniprésente
Pour Mathieu Maes, sabreur, la compétition débute par une phase de poules, comparable à celles que l’on retrouve dans d’autres sports collectifs.
« On s’affronte en cinq touches, c’est le premier à cinq qui gagne », explique-t-il. L’arbitre lance l’assaut, puis entre en jeu la notion de priorité, essentielle au sabre. « C’est le premier qui allonge le bras qui est considéré comme attaquant. »
Une fois les poules terminées, les escrimeurs sont classés et entrent dans un tableau à élimination directe. Les matchs se déroulent alors en quinze touches, avec une pause après les huit premières. « Si on gagne, on continue. Si on perd, c’est fini », résume Mathieu.
Patience, mémoire et réflexes : une école de la rigueur
Au-delà de la technique, l’escrime est aussi un sport mental. Lors des entraînements, les pratiquants développent des qualités essentielles.
« J’apprends surtout à être patient, mais aussi à être réactif en une fraction de seconde », confie Mathieu Maes. Anticiper l’action dès le signal de l’arbitre stimule la mémoire, les réflexes et la concentration. « Je trouve ça vraiment positif », ajoute-t-il.
Une discipline discrète mais bien vivante en Belgique
En Belgique, l’escrime souffre d’un manque de visibilité médiatique. Pourtant, les résultats sont bien là.
« Nous avons des athlètes performants, dont un champion du monde au sabre et plusieurs jeunes internationaux », souligne Giorgio Scapoli, président du cercle d’escrime de La Hestre.
Malgré ces succès, le sport peine à faire parler de lui.
Les compétitions internationales, un objectif lointain
À l’approche des prochains championnats d’Europe, aucun escrimeur de La Hestre ne sera engagé. Une réalité que le président du club explique sans détour :
« C’est énormément de travail et des années d’efforts avant d’y arriver. »
La compétition de haut niveau demande un engagement total, tant physique que personnel.
De jeunes talents, mais des sacrifices nécessaires
L’espoir demeure toutefois du côté des jeunes.
« Oui, il pourrait y en avoir qui sortent du lot », affirme Giorgio Scapoli.
Mais le chemin est exigeant : alors que l’escrime loisir se limite à quelques entraînements hebdomadaires, la compétition requiert trois à quatre séances par semaine, ainsi que de nombreux sacrifices.
Un club touché par la baisse des inscriptions
Comme beaucoup d’associations sportives, le cercle d’escrime de La Hestre a vu son nombre de jeunes diminuer depuis la crise sanitaire.
« Il y a eu de moins en moins d’inscrits depuis le Covid. On essaie de relancer et d’attirer de nouveaux jeunes », explique le président. Quelques recrues ont récemment rejoint le club, signe d’un renouveau timide mais encourageant.
La passion avant tout, en attendant les compétitions
Lors des entraînements, les assauts s’enchaînent, nourrissant l’envie de progresser. Pour Mila Bonjé, jeune sabreuse, l’objectif est clair : participer un jour à des compétitions.
« Il y a beaucoup de plaisir à prendre. J’aime aussi gagner les assauts et me pousser au-delà de mes limites », confie-t-elle.
Pour l’instant, aucune compétition n’est organisée par le cercle de La Hestre. Une situation qui pourrait évoluer à mesure que les escrimeurs du club franchiront le pas vers la compétition officielle, avec l’espoir de faire rayonner davantage ce sport encore trop discret.
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