Le service d’urgence psychiatrique du CHU Tivoli tire la sonnette d’alarme. Outre un manque de moyens évident, certaines dispositions légales ne sont pas respectées et le service croule sous les patients. La situation devient préoccupante.
Des urgences saturées par manque d’alternatives
« L’ensemble des hôpitaux disposant d’un service d’urgence n’ont pas toujours la possibilité d’offrir une prise en charge psychiatrique, et ces patients sont alors déviés vers nos urgences psychiatriques », explique le Dr Roxane Rossignol, directrice médicale du CHU Tivoli. Plusieurs dispositions légales peinent à se concrétiser sur le terrain faute de financements adaptés.
Un déficit criant de psychiatres
Le Dr Pierre Cole, chef du service de psychiatrie au CHU Tivoli, alerte sur la faible concentration de psychiatres dans le Hainaut : « Beaucoup de services d’urgence n’ont plus la possibilité de contacter un psychiatre, ce qui entraîne des situations critiques. »
« On le sait peu mais les patients qui se rendent aux urgences pour des problèmes psychiatriques sont très nombreux et la tendance ces derniers temps est à la hausse. »
— Dr Pierre Cole Chef du service de Psychiatrie, CHU Tivoli
Des ressources insuffisantes face à la demande
Les admissions psychiatriques aux urgences augmentent, mobilisant des ressources polyvalentes et précieuses. « Un simple lundi matin peut débuter avec des hospitalisations provisoires, ce qui mobilise énormément de ressources », souligne le Dr Roxane Rossignol.
Projets incomplets et déconnexion avec le terrain
Si des projets existent — comme la création d’équipes mobiles d’intervention — leur portée risque d’être limitée. « On parle d’une ‘Rolls Royce’ qui ne pourra prendre en charge que très peu de patients. Et dans le même temps, rien n’est prévu pour renforcer directement les urgences psychiatriques », déplore le Dr Cole.
« Ma crainte, c’est que dans cinq ans, il soit devenu impossible d’avoir un psychiatre disponible aux urgences. »
— Dr Pierre Cole
Appel aux autorités
Les directions du CHU Tivoli et des services d’urgences tirent la sonnette d’alarme : sans mesures concrètes et financées — renforcement des équipes, meilleure répartition des psychiatres et coordination avec les acteurs de terrain — la situation risque de se détériorer davantage, au détriment des patients et du personnel soignant.
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