Le 4 mai prochain, le procès de Paolo Falzone et Antonino Falzone va s’ouvrir devant la cour d’assises du Hainaut. Un procès d’une ampleur hors norme, qui va impliquer la mise sur pied d’un dispositif particulier pour les autorités judiciaires du Hainaut.
Et si le procès débutera en mai, il vivra déjà une première étape importante dans une semaine, le 23 avril, avec la constitution du jury. Douze jurés et leurs suppléants auront entre leurs mains le sort des deux accusés. Pour cet acte de procédure crucial, l’état-major de la justice hennuyère a déjà dû déployer un dispositif particulier, puisque l’audience de composition du jury sera délocalisée dans la salle des pas perdus de la cour de justice de Mons, la salle de la cour d’assises étant trop exiguë pour accueillir les plusieurs centaines de citoyens tirés au sort afin de composer le futur jury.
L’objectif principal : la sérénité des débats
Mais c’est surtout pour le procès en lui-même que les différents services impliqués — parquet général, cour d’appel, greffe de la cour d’assises, etc. — planchent depuis plusieurs mois sur une organisation qui permettra aux audiences de se tenir dans les meilleures conditions pour toutes les parties. « Notre objectif est que ce procès puisse se dérouler de la manière la plus sereine possible, explique Philippe Morandini, premier président de la cour d’appel. Nous voulons que toutes les personnes puissent être accueillies de la meilleure manière et être dans les meilleures conditions pour suivre le procès. »
Et pour installer correctement les près de 200 parties civiles, les accusés, les avocats, le jury, le public et la presse, ainsi que pour entendre les plus de 270 témoins, la cour d’assises du Hainaut n’a eu d’autre choix que de se délocaliser à quelques kilomètres à peine, puisqu’elle s’installera au Mons Expo du 4 mai jusqu’à, au plus tard, la fin du mois de juin.
Une délocalisation à Bruxelles évitée
Une délocalisation qui aurait pu être beaucoup plus lointaine, puisque le SPF Justice, à qui revient la responsabilité de mettre à disposition de la justice montoise les moyens nécessaires au bon déroulement du procès, avait initialement proposé de réunir la cour à Bruxelles, au sein du Justitia, ancien siège de l’OTAN transformé en salle d’audience depuis le procès des attentats de Bruxelles. Un déménagement inconcevable pour les autorités judiciaires du Hainaut. « Pour nous, il n’aurait pas été décent d’imposer à toutes les parties de se rendre tous les jours à Bruxelles, insiste Ingrid Godart, procureure générale. Les victimes sont, pour la grande majorité d’entre elles, issues de la région du Centre ; la plupart des parties civiles aussi, tout comme le public, qui viendra lui aussi majoritairement du Centre. Un déménagement à Bruxelles aurait également été à l’encontre de l’organisation des cours et tribunaux en Belgique, qui prévoit que la cour d’assises siège au sein du chef-lieu de chaque province. »
La justice en manque de moyens
C’est donc au Mons Expo que la cour s’installera dès le 4 mai. Un défi logistique pour la justice montoise, qui doit composer avec des moyens limités et des services qui, pour certains, sont en sous-effectif. Les autorités judiciaires hennuyères saluent donc le travail acharné des fonctionnaires basés à Mons, qui, depuis des semaines, voire des mois, font tout pour que ce procès puisse se tenir dans les meilleures conditions et dans des délais raisonnables, tout en admettant qu’une cour d’assises n’est jamais à l’abri d’un imprévu et que l’équilibre sur lequel repose l’édifice judiciaire montois est fragile, reposant en grande partie sur l’implication et la bonne volonté des femmes et des hommes qui le composent.
À moins de trois semaines du début de la cour d’assises, qui devra statuer sur le sort du conducteur ayant provoqué la mort de sept personnes le 20 mars 2022 à Strépy-Bracquegnies, la justice hennuyère entame donc les derniers préparatifs d’un procès comme elle en aura rarement connu. À la fois par le nombre de personnes impliquées, directement ou indirectement, mais aussi par l’onde de choc qu’a représentée, et que représente encore aujourd’hui pour toute une région, le drame survenu rue des Canadiens.
A. Laurent
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