Il y a 50 ans, le 17 juin 1976, un train déraillait à Neufvilles. Une catastrophe qui allait faire 11 morts et près de 40 blessés. C’est un aiguillage déformé par la chaleur qui a provoqué le déraillement de l’international Amsterdam-Paris.
A la une de la presse belge le lundi 28 juin 1976, la catastrophe de Neufvilles. Les quotidiens régionaux sortis des collections des Archives de la Ville de La Louvière, témoignent de l’émoi et de l’horreur de ce dimanche caniculaire.
A 13h38, l’international Amsterdam-Paris déraille peu avant la gare de Neufvilles. A son bord plus 300 personnes, en grande majorité des jeunes touristes néerlandais.
José Hoebeke, jeune pompier volontaire, a entendu de chez lui, à 3 kilomètres de là, le vacarme provoqué par le déraillement. Il est un des premiers secouristes à être arrivés sur place.
C’était terrible. Quand je suis arrivé, j’ai d’abord regardé quelles victimes avaient besoin d'aide. En fait, celles qui étaient sur le talus n’avaient pas de problème. Elles avaient pu sortir des voitures qui étaient encore debout. Le gros problème qu'il y avait, c'était la voiture qui était couchée sur le flanc.
Chez lui, nous visions le reportage diffusé dans le journal télévisé de la RTB le soir du drame. C’est la première fois que le pompier retraité voit ces images.
Désolé, je suis un peu ému… Quand on est arrivé un ardoisier qui habitait dans le coin avait dressé son échelle contre la voiture couchée. On a pu y monter.
La voiture était divisée en compartiments que longeait un couloir, ce qui a facilité l’accès des secours.
Donc, quand on descendait, on descendait sur le couloir. On s’appuyait sur la paroi pour arriver aux victimes qui étaient « entrelacées ». On a regardé les personnes à évacuer et tant bien que mal. Je me souviens qu'on a pris des banquettes, peut-être arrachées, pour les remonter.
Les moyens déployés sont énormes. 70 membres de la Croix Rouge, une quarantaine de gendarmes, deux hélicoptères, des dizaines d’ambulances pour évacuer les blessés dans les hôpitaux de la région.
Des pompiers étaient venus en nombre des casernes environnantes. Et une anecdote dans cette horreur retiendra l’attention de la presse, José Hoebeke retrouve 5 de ses frères en intervention qui comme lui sont pompiers.
Cinq de mes frères, c'est bien ça ! Oui, donc deux qui venaient de Soignies, deux de La Louvière et un de Mons. Donc voilà, on s’est retrouvé ensemble.
Le bilan sera lourd : 11 morts et 38 blessés dont 19 dans un état grave. La presse décrit une scène apocalyptique. Caténaires arrachés, rails tordus, une voiture éventrée mais aussi des corps mutilés, disloqués projeté sur le ballast.
Il y avait une personne qui avait été éjectée. Elle a rencontré donc un piquet. Bien sûr, on a mis une couverture sur son corps, sa tête est arrachée…. Mais c'est un événement qui a fait que les Neufvilloi ont certainement passé des nuits sans dormir.
Un centre de crise sera installé devant l’église du Sacré-Cœur à l’intérieur de laquelle seront placés les cercueils.
C'est un peu plus tard que j'ai appris que l'église avait ouvert ses portes. Le soir, j'ai été me recueillir. C'était une chapelle ardente. C’était le seul endroit où on pouvait mettre les personnes décédée.
L’enquête démontrera que l’aiguillage de mauvaise qualité, déformé par la chaleur, n’avait pas résisté au passage de l’express Amsterdam-Paris à une vitesse réglementaire de plus de 120 km/h.
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