Nous nous sommes rendus au cinéma Stuart de La Louvière où Romuald Lété nous présente en avant-première son nouveau film « Nous malgré lui » tourné à Binche et Anderlues, un film poignant avec comme thème principal le harcèlement.
Un projet retardé, mais pas abandonné
Après plusieurs années d’attente, entre contraintes budgétaires et imprévus majeurs, un film indépendant voit enfin le jour. Acteurs comme réalisateur espéraient depuis longtemps pouvoir dévoiler ce travail resté trop longtemps dans l’ombre. Le tournage, entamé fin 2018, a rapidement été freiné par la crise sanitaire du Covid-19, laissant le projet en suspens pendant de longs mois.
Pour le réalisateur Romual Lété, ce film s’inscrit dans une volonté de traiter des sujets du quotidien, parfois banalisés à tort :
« Ce qui peut sembler anodin, comme complimenter une collègue tous les jours, peut en réalité devenir une forme de harcèlement. C’est en discutant que je m’en suis rendu compte. »
Au-delà de cette thématique, le long-métrage aborde également des enjeux personnels comme la responsabilité parentale, les conséquences de certaines décisions de vie ou encore les difficultés financières. Un choix assumé, loin des productions spectaculaires : ici, pas d’explosions ni d’effets spéciaux, mais une approche plus humaine et réaliste.
Un tournage sous contraintes
Derrière la caméra, les conditions de production ont été particulièrement exigeantes. L’absence de budget a obligé l’équipe à redoubler d’efforts, entre débrouille et sacrifices.
L’actrice Harmonie Rouffiange souligne l’implication nécessaire pour mener le projet à terme :
« Tourner sans budget demande énormément d’énergie. Il faut tout gérer soi-même : maquillage, costumes… Il n’y a pas toute une équipe comme sur un gros tournage. »
Elle évoque également une organisation plus lourde, où le réalisateur cumulait plusieurs rôles, ralentissant parfois le rythme de production. Malgré ces contraintes, l’expérience reste marquante, même si des conditions plus confortables seraient envisagées pour de futurs projets.
Une première expérience devant la caméra
Pour certains membres du casting, ce film représente aussi une première immersion dans le monde du cinéma. C’est le cas de Sophie Cambier, enseignante de profession, qui fait ici ses débuts en tant qu’actrice.
« C’est une expérience enrichissante. Le film est touchant et pousse à réfléchir sur le harcèlement au travail. Mon rôle, celui de la meilleure amie, apporte un soutien au personnage principal tout au long de son parcours. »
Une opportunité qui lui a permis de sortir de sa zone de confort et de découvrir un nouvel univers artistique.
Un message avant tout
Au-delà des difficultés de production, ce film porte une ambition claire : sensibiliser le public à des comportements encore trop souvent minimisés. Le harcèlement, en particulier dans le cadre professionnel, reste un sujet délicat, mais essentiel.
Porté par une équipe engagée, ce projet indépendant témoigne d’une volonté commune de faire passer un message, tout en offrant à chacun une expérience humaine et artistique forte.
Reste désormais à savoir si ce pari audacieux trouvera son public et marquera durablement les esprits.
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