La RAAL La Louvière a terminé la saison avec un succès à domicile samedi. Le Club prépare désormais l'après Frédéric Taquin. Le CEO Toni Turi évoque une volonté de renouveau et de changement nécessaire.
La conférence de presse de Toni Turi n’avait rien d’un simple exercice de communication de fin de saison. C’était un acte de clarification. Presque une bascule assumée : la fin d’un cycle de neuf ans, la construction d’un nouveau staff, une montée en puissance financière, et surtout une ambition sportive enfin explicitée.
Le départ de Frédéric Taquin, l’entraîneur historique, n’a pas été présenté comme une sanction, ni même comme une usure brutale. Plutôt comme une évidence progressive, née de discussions internes longues et sincères.
« Il y avait des discussions en interne. Aucune décision n’a été prise il y a un mois. Mais au fil des échanges, on en est arrivés à cette conclusion : qu’est-ce qu’il faut pour que la RAAL puisse passer un cap ? »Et derrière cette mue, la parole de Toni Turi dessine une ligne claire : professionnaliser sans dénaturer, renouveler sans détruire.
« Il y aura une certaine continuité avec Antoine Turi, Clément Tainmont et Nicolas Foucault. »
Cette volonté est centrale : éviter le “reset total” et préserver ce qui fonctionne déjà dans l’ombre du terrain — analyse, préparation, suivi des joueurs.
Même le préparateur physique sortant n’est pas remplacé dans une logique de rupture idéologique, mais d’ajustement naturel du cycle.
« Il a décidé de ne pas continuer, ce n’est pas surprenant. Il avait besoin de changement. »
Enzo Scifo occupe pour sa part une position particulière dans cette nouvelle organisation. Ni membre du staff technique classique, ni simple observateur, il agit comme un facilitateur interne.Son rôle est clair : fluidifier les échanges, accompagner les joueurs et le staff, et servir de relais entre le terrain et la direction. « Il est à côté du staff technique… il accompagne aussi bien le staff que les joueurs dans les discussions. Il met de l’huile dans les rouages. »
Autre évolution majeure : la professionnalisation de la cellule de scouting. La RAAL ne s’appuie plus sur un duo ou un cercle restreint, mais sur un système élargi où les avis se croisent avant décision. Dans ce dispositif, Manu Spinelli a rejoint le club. « Il analyse les profils, prend les contacts, va voir les matchs… on bénéficie de son expérience du Standard sur les huit-neuf dernières années. »
Le club refuse une logique fréquente ailleurs : celle du coach qui arrive avec son staff complet, et impose une reconstruction totale.
« On n’est pas dans l’idée qu’un coach arrive avec quatre assistants et que tout le monde valse dehors. »
Le cœur du projet, évidemment, reste le choix du futur entraîneur principal. Et ici, le discours de Toni Turi est particulièrement révélateur : « J’ai envie de reconstruire quelque chose sur du moyen terme. Trois ou quatre ans. »
Mais ce projet est encadré par des critères précis, presque non négociables :
- expérience du haut niveau
- connaissance de la Jupiler Pro League
- capacité à travailler dans un environnement francophone
- adaptation au contexte belge
- stabilité dans la durée
Dans la short-list du futur entraîneur de la RAAL La Louvière, le nom d’Édouard Still n’est pas un bruit de couloir : c’est une piste concrète, étudiée dans le processus de sélection. Toni Turi a d’ailleurs confirmé l’avoir rencontré dans le cadre des discussions menées pour le poste de T1. Mais surtout, il a validé le fait que son profil s’inscrit dans la réflexion actuelle du club : « J’ai rencontré Édouard Still… c’est un profil qui peut nous intéresser. Oui, oui. »
Le club veut un profil qui connaît déjà le football belge et la réalité de la D1.« On privilégie vraiment cette piste-là. Quelqu’un qui connaît la D1, qui a déjà travaillé en Belgique. On essaie de ne pas trop examiner les pistes qui viennent vraiment de l’étranger. »
Ce dernier point est fondamental : la RAAL ne veut pas d’un pari exotique. Le club cherche un entraîneur déjà “trempé” dans la réalité du championnat. Et surtout, une personnalité compatible avec un projet où le club garde la main sur les décisions.
« Il aura un mot à dire, bien sûr, mais nous aussi nous devons garder notre rôle dans les choix. »
Ce qui se dessine, c’est un modèle hybride : un coach avec de l’autorité sportive, mais dans une structure qui reste collégiale.
« Notre objectif est de décider cette semaine et d’annoncer rapidement le coach et son staff. »
Et quand il s’agit de définir ce que signifie “local”, la vision est surtout linguistique et culturelle : « Ça veut dire quelqu’un qui parle français, dont la langue principale est le français… mais qui a d’autres qualités bien sûr. »
Le deuxième axe est encore plus structurant : l’ampleur du renouvellement. « Je pense qu’on va devoir recruter 10 à 12 joueurs. Nous avons des contact en France, en Suisse, dans plusieurs pays... »
Désormais, le mot-clé est clair : performance immédiate. Il ne s’agit pas d’un simple renfort de banc, mais d’une réorganisation profonde du noyau. « Certains veulent aller voir ailleurs pour passer un palier, d’autres sont en fin de contrat. »
En ce qui concerne l'objectif sportif pour la saison prochaine : « J’aimerais qu’on soit dans le milieu de tableau. 10e, 12e place, ce serait déjà très bien. »
Sur le même sujet
Recommandations
Retour sur le parcours de Frédéric Taquin à la RAAL La Louvière