Procès Falzone : le résumé de l'acte d'accusation

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Procès Falzone : le résumé de l'acte d'accusation

Le procès Falzone a débuté ce lundi 4 mai avec la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général Gilles Dupuis. Voici les éléments principaux se retrouvant dans ce document.

 

L'avocat général, Gilles Dupuis, vient de terminer la lecture de l'acte d'accusation. Ce document de 47 pages retrace les faits qui se sont déroulés le matin du 20 mars 2022 et ont entraîné la mort de sept personnes, causant également des dizaines de blessés.

L’expertise psychologique reprise dans l’acte d’accusation présente Paolo Falzone comme un passionné de voiture. Il aime la vitesse et a été verbalisé à de nombreuses reprises pour excès de vitesse. Un ancien employeur du prévenu évoque huit PV avec un véhicule au nom de la société.

Au moment des faits, le conducteur roulait à 173 km/h dans la rue des Canadiens à Strépy-Bracquegnies, une zone limitée à 50 km/h.

  • De 5 secondes à 2,5 secondes avant le choc, la BMW passait de 158 à 173 km/h.
  • 3 secondes avant le crash, la pédale d'accélérateur était enfoncée à 100%. Elle est relâchée 2 secondes avant l'impact.
  • En 2,5 secondes, jusqu'au moment du choc, la voiture passe de 173 à 105 km/h.

Paolo Falzone a filmé son compteur à plusieurs reprises

Le test d'alcoolémie révélera un taux de 0,29 mg/litre d’air alvéolaire expiré pour Paolo Falzone, mais pas de traces de stupéfiants. Il déclare avoir bu trois verres de whisky-coca, avec son ami Antonino, dans une boîte de nuit située à Quévy.

Entendu l’après-midi du drame par les enquêteurs, Paolo Falzone explique avoir quitté la discothèque où il avait bu 3 whisky-coca vers 4h du matin. Il déclare rouler à environ 50 km/h lorsqu’il a vu un groupe et qu’il a freiné à bloc. Il a également indiqué aux enquêteurs qu’il regrettait que cette festivité n’ait pas été signalée.

Le lendemain, l’accusé affirme qu’il roulait à une vitesse de 80-90km/h et conteste avoir regardé son GSM juste avant le choc. Or, il avait déclaré aux enquêteurs la veille que dès qu’il avait relevé la tête, il a vu le groupe et a pilé.

Le dossier met en évidence le fait que, moins d'une minute avant l'impact, le conducteur était bien en train de filmer son compteur avec son GSM. Une vidéo capturée sur Instagram montre la vitesse du véhicule ainsi qu'une partie de la route.

Quelques minutes avant le drame, il s'est filmé à 170 km/h en agglomération à Maurage. Pour l'accusation, ces enregistrements mettent en lumière le comportement de Paolo Falzone avant le drame.

La visibilité au moment des faits

Si des témoins parlent d'une nuit noire, ils confirment toutefois que l'éclairage public fonctionnait au moment des faits.

L'expertise indique que la masse de piétons formait une zone sombre, perceptible à environ 190 mètres, contrastant avec l’éclairage de la route. Une masse qui aurait dû attirer l’attention du conducteur.

Les analyses montrent également qu’un élément lumineux, comme une chaussure d’enfant éclairée, était visible plusieurs secondes avant l’impact. Ces éléments conduisent l’expert à considérer qu’un conducteur prudent aurait pu détecter la présence du groupe suffisamment tôt pour réagir.

L’accusation relève néanmoins qu’aucun dispositif particulier destiné à signaler la présence du groupe (signaleurs, gilets fluo…) n’était présent, seule une voiture actionnant ses quatre feux de détresse, a commencé par suivre le groupe pour le quitter lorsqu’il s’est engagé dans la rue des Canadiens, ce qui est contraire a l’article 5 du procès-verbal du collège communal du 7 mars 2022.

Le conducteur poursuit sa route sur plus d'un kilomètre

L'analyse des images de vidéosurveillance montre qu'il s'écoule environ cinq minutes entre l'arrêt du véhicule et l'arrivée des forces de l'ordre. Durant cette période, aucun appel aux services de secours n’est effectué. Un pompier se dit surpris par cette absence de réaction.

Quant au passager, Antonino Falzone, il déclare dormir avant l'impact, se réveiller au moment du choc, et voir deux corps traverser le pare-brise. Après ce drame, il est resté à proximité du véhicule, avec une attitude décrite comme calme. Il indique ne pas avoir appelé les secours car la batterie de son téléphone était déchargée.

Les différentes images ainsi que les témoignages permettent d'établir assez précisément l'impact. Concernant Frédéric D'Andrea, l'une des victimes, plusieurs témoins affirment qu'il se trouvait sur le capot du véhicule au moment où le conducteur a freiné. Il aurait ensuite chuté puis Paolo Falzone lui aurait roulé dessus.

Des propos qui concordent avec les analyses du médecin légiste. Ce dernier confirme que les lésions sont cohérentes avec un mécanisme d’écrasement.

Malgré un pare-brise brisé ainsi que la présence de plusieurs victimes sur le véhicule, le trentenaire continue à rouler sur plus d'un kilomètre.

Lors de l'arrivée des policiers sur place, le chauffeur précise ne pas s'être arrêté tout de suite car il aurait "pris peur". Il dit ne pas se souvenir du gille sur le capot, la seule personne qu'il a vue étant "la dame sur la console centrale".

Face aux enquêteurs, il reconnaît sa responsabilité et affirme même ne plus vouloir conduire. Il exprime également, à plusieurs reprises, des regrets.

Le parcours de l'accusé

Né à La Louvière en 1988, Paolo Falzone évoque une enfance heureuse, au sein d'une famille qu'il décrit comme soudée et affectueuse. 

Une ex-compagne décrit toutefois une relation ambiguë et malsaine entre lui et sa mère où "elle le couve et le surprotège". Cette dernière conteste cette vision mais admet être "très protectrice et très méfiante".

Au niveau de sa scolarité, il s’est orienté dans l'enseignement professionnel, en maçonnerie. Après ses études, il a exercé plusieurs emplois : ouvrier de production, voiturier, commis de cuisine et chauffeur-livreur. Il était, dans le même temps, soutenu financièrement par ses parents.

L'accusé n'a pas de passion ou de hobby, mis à part les belles voitures et la vitesse. Le moteur de sa BMW avait d'ailleurs été gonflé de 292 à 355 CV, sans l'avoir déclaré à la DIV ou à l'assurance.

Dans le cadre de l'enquête, le contenu de son téléphone a été fouillé. Il en ressort que nombre de conversations, par l'intermédiaire de messagerie ainsi que de photographies stockées dans l'appareil, concernent les sorties entre amis, les voitures, les jolies filles, le sexe, l'alcool et le cannabis.

Plusieurs clichés représentent des bouteilles de whisky et des canettes de cocktails à base de whisky, ainsi qu’un joint, tenus en évidence devant le volant d'un véhicule Mercedes ou BMW.


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