Ancien cycliste professionnel entre 1978 et 1988, Eliséo Mariotti est passé par plusieurs équipe. Le coureur Italien a participé à plusieurs grandes classiques mais a réussi à décrocher une belle deuxième place sur le GP Pino Cérami.
Des souvenirs gravés dans la mémoire
Certaines images restent plus marquantes que d’autres. Parmi elles, la rencontre avec Claudy Criquielion, venu chez lui quelques semaines après son titre de champion du monde en 1984.
« Quand il est venu chez moi un mois après son championnat du monde à Montjuïc, il a pris ma fille dans ses bras. C’était bien en 1984. C’était une très belle époque », se souvient Eliséo Mariotti.
Les premières victoires
Passionné de vélo depuis son plus jeune âge, Eliséo Mariotti a débuté la compétition chez les cadets avec quelques difficultés. Il lui aura fallu du temps pour progresser, s’épanouir et finalement décrocher ses premières victoires.
« Quand j’ai commencé ma première course, après quatre tours, j’étais doublé. Je ne m’attendais pas vraiment à ça. Automatiquement, je me disais que la deuxième irait mieux. Mais la deuxième aussi… Il a fallu six, sept, huit courses avant de terminer dans le peloton. À l’époque, c’était déjà une victoire parce qu’on affrontait des gars qui venaient d’une autre culture, beaucoup de Flamands. Il y avait déjà beaucoup d’avance sur nous. »
À la recherche d’un contrat
À l’époque, le recrutement dans le cyclisme professionnel était bien différent de celui que connaissent les jeunes coureurs aujourd’hui. Pas de managers ou de recruteurs présents au bord des courses pour dénicher les futurs talents. Pour espérer passer professionnel, il fallait avant tout se faire remarquer par ses résultats et aller soi-même à la rencontre des équipes.
« Les salaires n’étaient pas comme maintenant. La plupart du temps, vous pouviez présenter un certain palmarès, un certain nombre de victoires pour pouvoir accéder au monde professionnel. Ils regardaient votre candidature et estimaient que vous pouviez éventuellement essayer. Mais des managers comme maintenant, ça n’existait pas. »
Une progression rapide chez les professionnels
Coureur polyvalent, Eliséo Mariotti parvient rapidement à se mettre en évidence. Dès sa deuxième année chez les professionnels, il commence à obtenir de bons résultats sur plusieurs grandes épreuves du calendrier.
« En début de saison, c’étaient de grandes courses, comme le Tour du Pays d’Oise. À ce moment-là, j’ai terminé quatrième. C’était une course avec 150 ou 160 participants. C’étaient des courses de début de saison très importantes parce que les coureurs préparaient les classiques à ce moment-là. »
Le coureur s’illustre également lors du Grand Prix Cerami, où il prend la deuxième place après une longue échappée.
« Nous étions deux de la même équipe et, au moment d’une crevaison à l’entrée des circuits, le gars de mon équipe est sorti seul. Quand je suis revenu dans le groupe, il manquait un gars. C’était mon équipier, donc je ne pouvais plus bouger. J’ai quand même réussi à sortir dans la finale et à terminer deuxième de cette course. »
Dix années et de nombreux souvenirs
Dix ans passés dans le peloton professionnel laissent forcément derrière eux une multitude d’anecdotes. Certaines sont aujourd’hui encore particulièrement bien ancrées dans la mémoire d’Eliséo Mariotti.
Parmi elles, une rencontre avec l’un des plus grands noms de l’histoire du cyclisme : Eddy Merckx.
« Quand je me suis aligné au départ d’une course, c’était avec Saint-Raphaël. J’étais là et, dès le départ, j’entends quelque chose. Je regarde sur ma droite et je vois un gars en blanc. Je lève les yeux : c’était Eddy Merckx. »
Une présence qui change immédiatement la perception du jeune coureur.
« À l’époque, j’aimais bien Gimondi et Eddy était à côté de moi. Tout a changé. Il y avait un monstre dans le peloton. »
Un Giro disputé dans des circonstances particulières
S’il n’a jamais eu l’occasion de participer au Tour de France, Eliséo Mariotti a tout de même connu les routes du Tour d’Italie en 1984. Une participation vécue dans des conditions particulièrement difficiles.
« Quand on m’a prévenu, je sortais d’un accident. J’avais une double fracture du bras, je n’étais pas rétabli et je n’avais pas pu m’entraîner de l’hiver. J’ai eu l’opportunité de participer au Tour d’Italie, mais je n’avais ni la préparation physique ni la préparation morale puisque j’avais été prévenu quatre jours avant. »
Le coureur s’élance donc sans véritable objectif, mais parvient malgré tout à tenir pendant plusieurs étapes.
« Je me suis présenté au Giro sans aucun espoir. J’ai quand même fait dix étapes. J’ai dû abandonner parce que lors d’une chute, j’ai recassé mon bras. J’avais déjà une fracture du bras, je l’ai recassé et j’ai donc dû mettre un frein à ce Tour d’Italie. »
Une passion toujours intacte
Même s’il a quitté le monde professionnel il y a plusieurs décennies, Eliséo Mariotti n’a jamais réellement quitté le vélo. Aujourd’hui encore, il continue de prendre le départ des courses avec la même envie qu’à ses débuts : se faire plaisir, se montrer et, surtout, tenter d’aller chercher la victoire.
« Quand on a été coureur cycliste, que ce soit dans les petites ou les grandes catégories, on a plutôt une âme de tueur. On n’en a jamais assez. On doit toujours remettre ça, toujours affronter les autres et toujours y aller. »
Le plaisir de porter un dossard
« Comme on dit en anglais, on est des “killers”. On prend le départ avec un dossard et on n’est plus la même personne. On est quelqu’un qui veut se montrer. »
Le vélo, une passion sans fin
Désormais, Eliséo Mariotti continue donc de vivre sa passion à fond. Des premières courses chez les cadets aux routes du Giro, en passant par une décennie chez les professionnels, son parcours est jalonné de souvenirs et de rencontres qui ont marqué sa vie.
Et malgré les années qui passent, l’envie reste intacte : prendre un dossard, retrouver l’adrénaline de la compétition et se mesurer aux autres. Une passion qui, visiblement, n’est pas près de s’arrêter.
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