Une adolescente de 14 ans, victime de harcèlement scolaire, a mis fin à ses jours à l’approche de la rentrée. Une tragédie qui pousse le CRIH à rappeler aux enfants qu’une oreille attentive sera toujours tendue.
200, c'est le nombre de dossiers que le CRIH ouvre annuellement pour des cas de harcèlement scolaire. Un dossier peut concerner plusieurs enfants à la fois, ce constat est donc extrêmement alarmant. Le centre a ainsi fait de l’intervention son plan d’action majeur, mais pour intervenir de façon efficace, il faut utiliser la méthode adéquate.
"On a plusieurs méthodes d’intervention, précise David Plisnier, coordinateur du Centre de référence et d’intervention harcèlement (CRIH). Il faut donc intervenir en sélectionnant celle qui est la plus appropriée à la situation. Par exemple, une médiation est très utile dans le cadre d’un conflit intense entre deux enfants, mais face à un cas de harcèlement, il faut l’éviter à tout prix. Ces méthodes ont donc une graduation allant jusqu’à la sanction si les effets ne sont pas positifs."
Lutter contre le harcèlement, une sensibilisation dès le plus jeune âge.
Si l’intervention sur le terrain reste l’axe majeur du CRIH, la prévention par le biais d’activités scolaires n’est pas négligée pour autant. En effet, chaque année, le Centre de référence et d’intervention harcèlement organise une centaine d’animations dans les écoles. Une sensibilisation contre le harcèlement scolaire sans pour autant le mentionner.
"On a fait le choix de travailler les compétences relationnelles, souligne David Plisnier. C’est-à-dire leurs capacités à avoir de l’empathie, exprimer leurs émotions, parler quand ça ne va pas et expliquer les choses de façon plus factuelle en étant moins dans le jugement. Ce travail s’apprend dès la maternelle et permet d’ouvrir des portes. On a souvent de bons retours des enseignants qui constatent des changements de comportement."
"Un enfant qui a peur de rentrer à l’école, c’est qu’il a un message à faire passer et il faut pouvoir l’entendre"
Outre les 200 nouveaux dossiers ouverts chaque année et les activités de sensibilisation, le CRIH organise également une centaine de formations tout au long de l’année. L’objectif est clair : préparer au mieux les adultes à déceler les cas de harcèlement et inciter les victimes à en parler, pour ainsi éviter que d’autres drames ne se reproduisent.
"Mon message est double et s’adresse à la fois aux élèves et aux adultes, rappelle le coordinateur du CRIH. Aux élèves : même si c’est compliqué, il faut trouver un adulte qui pourra réellement les écouter et les aider. Aux adultes : même si la rentrée est conséquente en tâches à effectuer, si un enfant vient se parler, il ne faut pas banaliser : un enfant qui a peur de rentrer à l’école, c’est qu’il a un message à faire passer et il faut pouvoir l’entendre."
Un message d’autant plus important maintenant que les cours ont repris, car, même si l’année ne fait que commencer, le CRIH reçoit déjà des demandes d’intervention.
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