Le Grand Prix de Belgique ne fait pas seulement vibrer les Formule 1 modernes. Dans les paddocks de Spa-Francorchamps, la société brainoise Officina Caira fait revivre les monoplaces qui ont marqué l'histoire de la discipline.
Si plusieurs monoplaces étaient exposées dans le paddock du Grand Prix de Belgique, une douzaine d'entre elles ont surtout retrouvé leur terrain de jeu favori : le mythique toboggan ardennais. Chaque jour, pendant une vingtaine de minutes, des De Tomaso, Jordan, March, Arrows, Dallara ou encore EuroBrun ont repris la piste, faisant de nouveau rugir leurs moteurs. Un véritable voyage dans le temps, porté par une sonorité que les passionnés ne se lassent jamais d'entendre.
« Je me sens bien. C'est relax parce qu'on n'est pas en course. On va faire une bonne séance d'essais et tout devrait bien se passer », sourit Patrick, l'un des clients d'Officina Caira, quelques instants avant de prendre le volant.
Derrière ces démonstrations se cachent des mois de préparation. Aux commandes, des propriétaires passionnés, mais aussi d'anciens pilotes de renom. Une reconnaissance de plus pour Sebastiano et Silvano Caira, devenus au fil des années de véritables ambassadeurs belges de la Formule 1 historique.
« Il y a énormément d'émotion et énormément de travail en amont. Nous préparons ces événements près d'un an à l'avance et nous ne participons qu'à trois rendez-vous par saison : Silverstone, Spa et Monza », explique Sebastiano Caira.
Pour lui, le plus beau reste l'expérience offerte aux propriétaires des monoplaces. « Ils roulent en ouverture du Grand Prix, devant des tribunes pleines. Ils partagent ce moment avec leur famille et vivent une atmosphère unique. C'est magique. Après avoir restauré ces voitures, les voir reprendre vie, parfois entre les mains de leur pilote d'origine, c'est une immense fierté. »
Au-delà du spectacle, c'est toute une époque qui renaît. « On a la chair de poule. Les voitures actuelles sont extraordinaires, mais ce n'est pas la même sensation. Le bruit, les odeurs, l'ambiance... tout est différent. »
Marc Gené retrouve une F1 de 1988
Cette année, l'Espagnol Marc Gené, ancien pilote Minardi et ancien pilote-essayeur Ferrari, a repris le volant d'une EuroBrun de 1988, entièrement restaurée par Officina Caira.
« C'est toujours très spécial. Cette voiture a presque quarante ans et je me souviens très bien l'avoir vue courir à l'époque. Pouvoir la piloter aujourd'hui, ici à Spa, est un privilège. Quand on m'a proposé de le faire, je n'ai pas hésité une seconde. »
La passion est également partagée par Bernard de Dryver. L'ancien pilote belge a troqué son casque pour les outils d'un mécanicien le temps du week-end.
« C'est un travail remarquable. Les gens ne se rendent pas compte de l'organisation que cela représente. Après Silverstone il y a quinze jours, voici Spa. Monter un tel événement demande une énergie incroyable mais ils le font avec un professionnalisme exceptionnel.»
Cap sur Monza... et au-delà
L'aventure est loin d'être terminée. Après Spa, les frères Caira prendront la direction de Monza pour le Grand Prix d'Italie historique, les 4, 5 et 6 septembre.
Et les projets ne manquent pas.
« L'Australie, l'Espagne, le Portugal... Plusieurs pistes sont à l'étude. Nous savons aussi que Spa ne sera plus au calendrier en 2028, alors nous réfléchissons déjà à la suite. Nous ne comptons certainement pas nous arrêter. Notre objectif est de continuer à grandir, accueillir davantage de voitures et fidéliser nos clients », conclut Silvano Caira.
Une ambition à la hauteur d'une passion qui, à chaque sortie en piste, continue de faire vibrer les amateurs de Formule 1 historique.
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