Ils ne sont que 24 Belges à avoir couru dans le championnat du monde de Formule 1. Parmi eux, Arthur Legat dans les années 50.
Un nom sur un pignon défraichi. C’était jusqu’ici la seule trace qui laissait deviner l’activité qui régnait dans la cour de cet ancien garage d’Haine-Saint-Pierre. Celui d’Arthur Legat. Passionné de mécanique, il allait s’illustrer sur les courses de motos dès 1923 puis de voitures jusqu’à la fin des années 50. Un destin qui le conduira sur les Grands Prix de Formule 1. A l’époque des gentlemen drivers, il était lui un self made man.
C'est un gamin d'Haine-Saint-Pierre, fils de mineur et de ménagère qui à l'âge de 20 ans se rend compte qu'il a vraiment des capacités pour faire quelque chose qu'il aime bien, résume Bernard Braglia, auteur de la biographie. Et à partir de là, il fait tout pour pouvoir continuer à courir. Et même quand il n'a pas les moyens, il arrive encore à se construire et à préparer une voiture pour courir, ne serait ce que le Grand Prix des Frontières à Chimay, qui est quand même sa course de prédilection, puisqu'il y a participé 25 fois.
C’est ce destin particulier que retrace le Cercle d’histoire Henri Guillemin. Un livre et une exposition retracent le parcours d’Arthur Legat. Une chance, la famille vouait un culte au pilote. Trophées, tachymètre, chronomètre, documents et même son bureau ont été conservés. Norma Voets, l’arrière-petite-fille se souvient d’anecdotes que lui racontait le fils du pilote.
Mon grand-père m'avait raconté que pour ses entraînements avant les courses, il faisait le fou du volant comme on dit. Il descendait la chaussée de Mons, prenait le tournant de la mort et remontait jusqu’à Binche et Péronnes. Il y allait vraiment à fond.
Arthur Legat avait peu de moyens. Au volant des Amilcar, Maserati ou Bugatti, préparées par ses soins, le garagiste du Centre parvenait à susciter le respect des grands champions.
Mais le paradoxe, c'est que Arthur a réussi à faire des résultats pendant plus de 30 ans avec des moteurs, je ne vais pas dire usés, mais déjà bien rodés et avec des châssis qu’il achetait d’occasion. Donc Arthur n'a jamais acheté une voiture neuve. Il achetait des moteurs, des châssis, des vilebrequin, des pièces à gauche et à droite et c'est lui qui construisait ses voitures avec son savoir et ses compétences.
« Arthur Legat, le roi du virage à Chimay », un ouvrage de plus de 300 pages richement illustrées, sera présenté lors du vernissage de l’exposition le 18 septembre à l’ancienne gare d’Haine-Saint-Pierre.
Recommandations
La Louvière : JobDay pour les élèves de l'institut technique Saint-Joseph
SNCB : les gares menacées de fermeture dans le Centre